Depuis quelques jours au Cameroun, le projet de loi sur les associations culturelles fait couler beaucoup d'encre entre les artistes et le Minac (Ministère des Arts et de la Culture). Il s'agit du projet de loi N° 1076/PJL/AN, régissant les associations artistiques et culturelles au Cameroun. De nombreux artistes ont fait savoir leur indignation face à cette loi qui ne leur convient pas.

A cet effet, l'artiste musicien camerounais Ateh Bazore s'est exprimé sur ce projet de loi, durant la célèbre émission de télé camerounaise "L'Arène", diffusée tous les dimanches soir sur la chaîne privée Canal 2 International.

Après ce passage, des réactions ont fusé de partout notamment sur les réseaux sociaux, mettant à mal son idéologie et ses propos jugés disgracieux. Ce lundi 6 juillet 2020, il a tenu à donner un droit de réponse suite aux plaintes signifiées contre lui.

Ateh Bazore n'occulte aucunement les avis de ses collègues artistes

"À la suite de mon passage à une émission hier, le 05 juillet 2020, certains amis et collègues artistes ont donné une interprétation non fidèle, voire erronée à une phrase extraite de mes propos au cours du débat houleux sur un brûlant sujet d'actualité : les Fédérations dans la Culture au Cameroun. Comme le français n'est pas ma première langue, peut être, je me suis mal exprimé. Je m'en excuse sincèrement. J'ai beaucoup de respect pour tous mes confrères, car, beaucoup parmi nous, par l'immensité de leurs talents méritent le rang des agrégés dans les universités.

L'art est un don de dieu, et aucune école ne peut au fond nous enseigner l'inspiration. Aucune. Au fait, je voulais dans l'essence de ma pensée simplement dire que la majorité des artistes camerounais n'est pas outillée pour interpréter et comprendre les textes de loi, et que les fonctionnaires en profitent pour nous manipuler, pour s'accaparer de nos droits et biens. Mon idée n'était nullement de présenter notre corps de métier sous les couleurs ridicules. Loin de là! Tout le monde sait combien j'ai toujours été un défenseur féroce des droits des artistes. D'ailleurs, c'est ce désir ardent de montrer l'opportunité idoine d'une libération possible qui m'a poussé à aller me livrer à cet exercice du choc des idées sur Canal 2", a-t-il commencé.

Un projet de loi qui oscille entre professionnalisme et gain au Cameroun

"Je suis convaincu qu'avec la loi sur les fédérations, (malgré les améliorations à y apporter), les artistes prendront enfin leur destin en main. Je saisis l'occasion de ce rectificatif pour rappeler, mes frères, que ce n'est que le statut de l'artiste qui viendra (de mon modeste point de vue) classifier les immenses talents que notre corps de métier regorge.

Je demeurerai le dernier à ridiculiser, à dénigrer, bref, à blasphémer notre milieu culte.

Pour terminer, chers confrères, je continue à attirer notre attention collective et individuelle sur l'importance de la loi sur les fédérations. Cette loi mérite toute notre attention, et un meilleur accueil. Car, elle nous offre enfin les armes juridiques pour chasser de notre prestigieux milieu les charlatans parasites, en écartant en même temps de nos actions des efforts éparpillés en chevauchements.

La plus-value en or est sa fontaine économique : en fait, c'est un robinet de fortune qui viendra libérer l'artiste de l'indigence en lui donnant sans clémence, ni potence, une opulence.

Les Case Show, les Spectacles, les Concerts et les Festivals nationaux comme internationaux nous pousseront à la créativité maximale, à la productivité totale, et au gain loyal. La fédération sans émotion est une coordination des liaisons et des juxtapositions en raison pour une libération", a terminé l'artiste Ateh Bazore qui occupe également le poste de coordinateur du pôle Art Musical depuis la RECAN (Rentrée Culturelle Artistique nationale) 2019.

Par ailleurs, une réunion s'est tenue le 30 juin 2020 au Minac et a été présidée par l'inspecteur général Théophile Eyango où il a été question de soumettre, d'analyser et de restituer les différents pans qui vont constituer cette loi.

"Le Ministère des Arts et de la Culture se propose de structurer l'ensemble du paysage culturel et artistique national pour optimiser l'impact de son action et partant, la productivité artistique de notre pays. Il vient garantir la structuration du mouvement artistique et culturel, et l'organisation du sous-secteur Arts et Culture en Fédérations", a laissé entendre ce représentant de Bidoung Mkpatt, Ministre des Arts et de la Culture du Cameroun.

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