Au regard des défis socio-économiques de la crise sanitaire au Cameroun, des citoyens dénoncent auprès du ministre de la santé publique le manque de gratuité effective des soins liés au Coronavirus (Covid-19) dans les centres hospitaliers de référence à Douala. Ce vendredi matin 07 Août 2020 à 10 Heures, une délégation de 5 membres de l’association "On est Ensemble", s’est rendue à la délégation régionale de la santé pour déposer le rapport d'enquête pour demander l'effectivité de la gratuité des soins liés au Covid-19 dans les centres hospitaliers à Douala. La situation sans précédent d'épidémie mondiale et de crise liée à la propagation de la Covid-19 a très fortement affecté les membres de leur association, et plus largement les citoyens camerounais, tout particulièrement les personnes dont les revenus sont les plus faibles.

Face à la situation, le gouvernement a pris plusieurs mesures, et des centres spéciaux ont été créés à partir du 20 Avril 2020 pour la prise en charge des patients de la Covid-19 dans les régions du pays.

La gratuité des soins liés à la Covid-19 (test de dépistage et traitement), a été annoncée officiellement par le gouvernement par le biais des différents canaux (radio, télévision, presse écrite et réseaux sociaux) peu de temps après l’annonce des premiers cas. Cependant, au mois de Mai 2020, l'association été interpelée par plusieurs de ses membres indiquant que de nombreux frais étaient, dans les faits, à leur charge, dénonçant le manque de gratuité effective des soins liés au Coronavirus.

Pour vérifier ces témoignages et bien comprendre le problème, l’association a mené une enquête dans deux hôpitaux de référence dans la ville de Douala : l’Hôpital Laquintinie et l’Hôpital Gynéco-Obstétrique de Yassa, ou de nombreux patients atteints du virus ont été reçus au cours de ces derniers mois.

La ville de Douala dans l'oeil du cyclone

Ce rapport met en lumière plusieurs dysfonctionnements sur la prise en charge des patients, allant à l'encontre des annonces officielles du Ministère de la Santé. Ainsi, plusieurs patients ont témoigné à l’hôpital Laquintinie comme à l'hôpital de Yassa, que plusieurs examens, relativement chers et à la charge du patient, étaient demandés avant de pouvoir effectuer un "Test Covid" : scanner des poumons, électrocardiogramme (ECG), échographie du cœur, etc.

L’ensemble de ces examens s'élèvent parfois jusqu'à 175.000 FCFA, que les patients doivent payer de leur poche.

Ceci ne correspond qu'aux frais concernant la procédure de dépistage de la Covid-19. Après confirmation du test, des traitements sont administrés, engendrant de nouveaux frais. L'hospitalisation se prolongeant dans le temps pour les cas les plus grave, les frais totaux pour qu'un malade de la Covid-19, puisse se soigner peuvent s'élever à près d'un million de FCFA.

Le Coronavirus dans un encrage d'incompréhensions

En conclusion, selon l'association, les soins liés à la Covid-19 dans ces deux hôpitaux sont en très grande partie à la charge des patients, qui se retrouvent à devoir débourser des sommes importantes pour être soignés, et sont parfois obligés de s'endetter pour cela, alors même que les revenus de nombreux citoyens ont été fortement affectés par la situation liée à l'épidémie.

L’association "On est Ensemble", demande que le ministère de la Santé mette en œuvre des modalités permettant de garantir la gratuité effective de tous les soins liés à la Covid-19. Le rapport liste également une série de recommandations, comme l’affichage de la décision ministérielle de la gratuité des soins de Covid-19 dans l'ensemble des structures médicales ; la définition des modalités de prise en charge des soins de Covid-19 (dépistage et traitement) et affichage de la procédure dans tous les hôpitaux et centres de santé. La mise sur pied d'un numéro vert par lequel tous les citoyens pourront contacter la brigade mixte nouvellement constituée pour signaler des abus ; et enfin la suppression de l'anonymat du personnel de santé avec la mise en place d'éléments d'identification visibles (macarons, broderie des noms sur les blouses…) pour limiter les abus et faciliter les dénonciations de pratiques illégales etc.

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