La fragmentation de la société française à cause des discriminations sociales concernant les citoyens français avec des phénotypes noirs ou jaunes est au cœur du débat dans notre République. Certains politiciens, comme Manuel Valls, qui en son temps avait parlé d’apartheid social, continuent sur leur lancée qui vise à décrire de façon brutale le primat des races sur la lutte des classes dans la société française: "La lutte des classes disparaît au profit de la guerre entre races", a-t-il déclaré ce mercredi 17 juin dans le magazine "Valeurs Actuelles". Il en est ainsi car la lutte des classes subit un recul.

Il y a de moins en moins d’ouvriers et de plus en plus d’employés.

La notion de lutte de classe, utilisée par Marx au 19e siècle, opposait la classe bourgeoise capitaliste à la classe ouvrière prolétaire. Comment en est-on arrivé là et pourquoi certains partis politiques instrumentalisent les populations immigrées qui deviendraient des objets de conflit ? On passerait ainsi de l’entreprise ou du système productif, à l’ensemble de la société. Eliminons d’emblée la question de la race comme différence de couleur pour ne retenir que celle de la race humaine. Néanmoins les phénotypes divers constituent de manière objective la problématique de la race pour le subconscient collectif. Il faudrait de longues pages pour montrer comment certains partis de gauche, d’extrême gauche, de droite et d’extrême droite vampirisent la problématique de la race pour des objets politiques.

Il n’y a pas de privilège blanc de façon constitutionnelle, même si la majorité des habitants en France ont le phénotype caucasien, ce qui leur confère quelques avantages pour l’emploi ou pour l’accès à un logement. Il n’y a pas de guerre de race mais des guerres sociales portant sur les conditions des noirs ou des maghrébins dans la société française.

Signification actuelle de la lutte des classes en France

Il y a dans la société française des mouvements sociaux qui sont liés à des revendications qui peuvent être identitaires car certaines populations françaises se trouvent reléguées, voire abandonnées par l’État central. Ces mouvements sont perçus comme des revendications communautaristes car le focal est souvent mis sur la nature des problèmes portés par ces groupes identitaires.

Comme dans l’affaire Adama Traore, on a fait un lien entre discrimination, couleur de peau, injustice sociale et violences policières. Le détour par cet exemple montre que ces mouvements ne doivent pas être confondus avec la lutte des classes en France qui subit un recul significatif. Mais, en même temps, on ne peut pas dire que ces revendications identitaires racialisées nous conduisent à une guerre des races comme il a été dit de façon précipitée lors des événements violents entre Tchétchènes et jeunes Maghrébins à Dijon.

La lutte des classes en France est remplacée par la lutte des revendications sociales et de recherche systématique d’égalité entre Français en matière d’emploi ou de logement.

Les populations immigrées recherchent une convergence des conditions avec le reste de la population selon le modèle d’intégration qu’on leur a vendu. Il revient donc à l’Etat de regarder toutes ses conditions sociales et non les races afin d’apporter des solutions idoines aux discriminations trop nombreuses dont les populations phénotypiquement identifiées sont les victimes dans notre société.

La justification politique de la déclaration de Manuel Valls

Manuel Valls règle ses comptes avec ses anciens amis politiques du PS qu’il soupçonne pour certains de racialiser le débat politique. L’ancien Premier ministre est considéré comme un républicain laïc et on ne peut le soupçonner ni d’antisémitisme, ni de racisme.

En revanche, il y a une idée politique qui trotte dans sa tête : son retour au sein d’un cabinet d’union nationale voulu par le président Macron.

Après son échec politique à conquérir la mairie de Barcelone, Manuel Valls se rappelle aux bons souvenirs de ses compatriotes français et il pense qu’il a une carte à jouer dans la nouvelle donne qui se dessine en France. Pour Manuel Valls, la République doit être vigilante et ne pas céder aux revendications racialisantes de type ethniques, politiques ou religieuses. La problématique de la race énoncée par Valls va forcément faire apparaître d’autres problèmes dans la société française. Après l’affaire Georges Floyd importée en France, tout au moins dans ses conséquences, on voit émerger les revendications des populations noires dont les ancêtres ont été concernés par l’esclavage.

Certains, en France, comme cela s’est fait en Grande Bretagne, estiment qu’il faut déboulonner des statues représentants des figures ayant joué un rôle important comme penseurs de l’esclavagisme, et changer les images des marques de produits qui infériorisent les noirs. C’est un autre débat qui s’ouvre.

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