Le premier ministre, Édouard Philippe, a reçu ce lundi, avec la ministre des transports, Élisabeth Borne, l'ensemble des syndicats sur le très épineux dossier de réforme de la SNCF lancé depuis mars dernier... Objectif affiché, renouer le dialogue social avec les syndicats afin de finaliser le projet porté par le gouvernement.

Il faut dire que cette rencontre avec le chef du gouvernement constituait pour le coup un rendez-vous très attendu du côté des partenaires sociaux. Depuis quelques jours en effet, l'intersyndicale avait brutalement décidé de tourner le dos à la table des concertations avec la ministre des transports en charge du dossier, et réclamait d'être directement reçue par Edouard Philippe.

Publicité

Un appel entendu par l'ancien maire du Havre qui aura une nouvelle fois dû mettre ses talents d'arbitrage dans le dossier pour faire pencher la balance.

Le gouvernement entre fermeté et ouverture

Le chef du gouvernement a tout d'abord souhaité rappeler sa ferme intention de mener la réforme jusqu'à son terme, tout en ouvrant la voie à de possibles aménagements nourris dans le fond par Elisabeth Borne sur la base des propositions des syndicats. Il ne sera donc en clair pas question de toucher aux trois piliers du projet que sont l'ouverture à la concurrence, le changement de statut de l'entreprise, et le changement du statut de cheminots.

Toutefois, de belles possibilités restent données dans la négociation sur le champ de la reprise de la dette, sur le sac à dos social des cheminots, mais aussi sur la convention collective en discussions entre le patronat et les syndicats. Dans le détail, ce sont quelques amendements qui pourront être faits sur le texte du gouvernement avant sa présentation devant le Sénat.

Les syndicats partagés sur la ligne du gouvernement

À la sortie de ces discussions à Matignon ce lundi, le front syndical est pour la première fois apparu divisé dans les réactions des responsables de centrales qui jusque-là faisaient farouchement bloc à la méthode du gouvernement.

Publicité

La CGT de Philippe Martinez, Force Ouvrière de Pascal Pavageau, ou encore SUD Rail estiment n'avoir rien reçu de leur rencontre avec Édouard Philippe, alors que du côté de la CFDT et de l'UNSA, on reconnaît une avancée significative de la part de l'Exécutif. Les négociations se poursuivront dans les quinze prochains jours, avant un nouveau rendez-vous avec Edouard Philippe prévu entre le 24 et 25 mai prochain, peu avant le passage du texte le 29 mai.