Fonction publique, retraites, santé au travail, heures supplémentaires, assurance-chômage, allocations familiales : dans une interview exclusive au JDD, Edouard Philippe a dévoilé ce 26 aôut les grands axes qu’il compte défendre dans le projet de loi de finances du gouvernement pour 2019. Des dispositions qui suscitent déjà de nombreux remous au sein de l'opposition.

Il faut dire que Benjamin Griveaux avait déjà annoncé les couleurs à la sortie du premier conseil des ministres à l'Elysée mercredi dernier.

Le porte-parole du gouvernement affirmait que l'Exécutif allait poser des choix forts à l'occasion des discussions sur le Budget 2019 : un état de faits qui n'a pas tardé à se révéler avec les dispositions mis au bout du jour par Edouard Philippe dimanche.

Un travail qui paie mieux

Tout d'abord, il faut noter un retour partial à l'une des mesures emblématiques de Nicolas Sarkozy : la désocialisation des heures supplémentaires promise dès septembre 2019.

Une suppression des cotisations qui interviendra dans le privé comme dans le public, et qui devrait permettre à une personne payée au smic de gagner en moyenne 200 euros par an. Le manque à gagner pour l'Etat avec la mise en oeuvre de cette mesure avoisinera 2 milliards selon Matignon.

Dans le même temps, certaines prestations sociales dont l’APL, les allocations familiales ou encore les pensions de retraites prendront un coup. Le chef du gouvernement a en effet acté qu'elles ne seront plus indexées sur l'inflation (2,3% en juillet), et ne progresseront que 0,3% en 2019 et 2020.

Pour leur part, les Français parmi les plus fragiles seront à l'honneur avec des hausses particulièrement significatives du RSA, de la prime d'activité, du minimum vieillesse, ainsi que de l'allocation pour adultes handicapés.

Un système social plus équilibré

Quant aux contrats aidés jugés trop peu efficaces par l'Exécutif, ils verront leur financement nettement diminués passant de 200 000 en 2018 à environ 100 000 l'année prochaine.

De plus, Edouard Philippe assure n'avoir aucun tabou à voir évoluer les règles entourant l'assurance-chômage. Une réunion de travail se tiendra d'ailleurs dans quelques jours avec l'ensemble des partenaires sociaux à Matignon, pour discuter des avancées possibles sur la question d’ici à février.

Autre point de préoccupation de l'Exécutif, le financement des arrêts maladie ne devrait finalement pas faire l’objet d’un « transfert brutal » vers les entreprises.

Cela nécessitera toutefois, de l'avis du premier ministre, que tous les acteurs du système se mettent autour de la table pour enrayer une progression jugée trop importante : ce sont plus de 10 milliards d'euros qui sont mis dans la machine chaque année par la Sécurité sociale, avec une évolution de 4%.

Des suppressions de postes assumées

Pour finir, le gouvernement envisage une suppression de 4 500 postes dans la fonction publique d’Etat pour 2019.

Les coupes s'opéreront dans le cadre de réorganisations au ministère des finances, dans le réseau extérieur de l'Etat, mais aussi dans l'audiovisuel public. Des chiffres qui devraient largement évoluer en 2020, afin de tenir les engagements de 50 000 postes supprimés à l'horizon 2022. Pour rappel, ce sont 1 600 suppressions ont déjà été actées en 2018.

La méthode mis en avant par l'Exécutif repose ainsi sur une transformation profonde de l'action publique. Les chiffres annoncés ne correspondraient pas à une volonté politique, mais seraient tout simplement la conséquence d'une évolution de l'action publique appelée à monter en puissance avec le temps.

A noter que d'un autre côté, des recrutements seront consentis dans la police et la gendarmerie (2000 postes), ainsi qu'à la justice (1300 postes).

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