Les élections du 7 Octobre au Brésil sont cruciales pour l’avenir du peuple brésilien et plus généralement, de l’Amérique latine. Le Brésil est en effet à la fois, le plus grand état de la région, la première puissance économique et la plus grande population de région avec environ 200 millions d’âmes, soit 3 fois la population française.

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Ces élections sont clairement les plus incertaines de l’histoire démocratique du géant sud-américain, avec pour la première fois un candidat donné en tête des intentions de votes à moins de 24 heures de l’ouverture des bureaux de vote, que plus d’un qualifient d’extrême-droite voire même de néo-fasciste, en l’occurrence, Jair Bolsonario. C’est donc un Brésil plus divisé que jamais qui risque de surgir au soir de ce scrutin.

Du chaos naît le monstre ?

Depuis quelques années, le Brésil traverse une crise socio-économique importante, à laquelle s’ajoute une crise politique, conséquence de la destitution de l’ancienne présidente du parti des travailleurs, Dilma Rousseff, par le Parlement.

Jair Messias Bolsonario, candidat de l’extrême-droite brésilien
Jair Messias Bolsonario, candidat de l’extrême-droite brésilien

Le président actuel, Michel Temer et le gouvernement, souffrent de légitimité populaire. De ce fait, le pays s’enfonce dans la division, une division de plus en plus nette entre les classes populaires et sa classe dirigeante. A émergé de cette situation, un personnage sulfureux, dangereux pour la démocratie, le député fédéral de l’Etat de Rio de Janeiro et ancien capitaine des forces armées, Jair Bolsonaro. En dépit de son racisme décomplexé, sa misogynie et son caractère sulfureux, il a trouvé un écho favorable dans la société brésilienne, notamment dans les classes populaires, l’Armée, la bourgeoisie et une portion non-négligeable des évangéliques qui constituent près d’un quart des Brésiliens, séduits par son conservatisme sociétal.

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Dans son programme, il prévoit notamment de privatiser les entreprises publiques, de supprimer l'Etat-providence mis en place par Lula et Dilma, déjà écorné par les politiques libérales du gouvernement actuel. Le personnage constitue un vrai paradoxe : alors qu’il est largement en tête des sondages, il reste aussi le personnage le plus rejeté des Brésiliens, attirant même la haine d’un certain nombre de personnes au sein de la population au point d’avoir été poignardé au thorax en pleine campagne électorale dans l’Etat du Minas Gerais.

Jair Bolsonaro, loin devant dans les derniers sondages

Depuis la décision définitive du Tribunal Supérieur de Justice d’écarter l’ex-président de gauche Luiz Inacio Da Silva dit Lula du scrutin, condamné à 12 ans de prison pour corruption, Jair Bolsonaro est largement devant dans quasiment tous les sondages. Lula, du fait de la décision du TSJ, a été contraint de choisir Fernando Haddad, fils d’immigrés syriens, ancien Ministre de l’Education sous sa présidence et ancien Maire de Sao Paulo, comme remplaçant.

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Fernando Haddad, inconnu de la majorité de la population, n’arrive pas pour l’instant à récupérer toutes les intentions de vote de Lula qui frôlaient les 40% peu avant son éviction de la course électorale. L'ancien Maire paulista est, selon le sondage de l’institut Datafolha paru le 4 octobre dernier, à 22% des intentions de votes, en deuxième position derrière Jair Bolsonaro qui en est a 35%. Il est suivi par le social démocrate Ciro Gomes à 11%, de Geraldo Alckmin du parti au pouvoir à 8% et de l’écologiste Marina Silva à 4%.

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Les autres candidats obtiennent moins de 3% des intentions. La probabilité d’un second tour Haddad – Bolsonaro est de plus en plus envisagée. La différence se fera au second tour avec le report des voix des autres candidats malgré la belle avance que pourrait avoir Jair Bolsonaro.

#Amérique latine #Elections

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