Paru mardi, à tout juste deux mois du scrutin européen, un sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio présente une vue d'ensemble de la mobilisation des différents électorats. Et déjà une constante ressort en tête, le faible taux des intentions de participation des Français qui stagne à 42%. Un chiffre qui s'inscrit dans la droite ligne des précédents scrutins et qui devrait jouer un rôle déterminant dans le résultat final.

Toutefois, l’analyse des données avancées par l’Ifop démontre que toutes les populations ne sont pas égales en la matière.

En prenant les vagues de sondages réalisées les 12, 19 et 26 mars, on note aisément que plus il est âgé plus le Français se sentira concerné par l'échéance électorale qui vient. Ainsi, le 26 mars, la tranche de personnes comprises entre 18 et 24 ans est à 16% d'intentions de participation.

Celle de 25 à 34 ans se situe à 21%, tandis que les 65 ans et plus affichent une volonté de mobilisation à 54%. De quoi donner à penser pour certaines formations politiques.

De fortes disparités sur l'intention de participer

A noter que dans la suite de l'analyse, on constate deux autres disparités non négligeables : celles entre sondés et sondées, mais aussi celles entre catégories sociales ! A 45%, les hommes sont plus nombreux que les 39% de femmes qui se disent prêtes à aller à l'échéance électorale du 26 mai, tandis que le différentiel est très important entre les 59% de personnes aisées qui ont l'intention de participer et les catégories pauvres où on tombe quasiment à 32%.

Quant à la coloration politique des Français vis-à-vis des élections de 2017, aucun électorat ne semble se sur-mobiliser par rapport aux autres. Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon se présentent toutefois comme les moins mobilisés sur le scrutin européen autour de 41%, tandis que ceux de François Fillon pointaient à 54% d'intentions de participation au 26 mars. Du côté des sympathisant du RN de Marine Le Pen, ils sont 45% qui se disent prêts à aller voter, loin des 47% de Marcheurs intéressés par la campagne européenne.

Des gilets jaunes pas plus absents que les autres

D'un autre côté, si le mouvement des Gilets jaunes était un porte-voix du rejet de la classe politique actuelle, le phénomène ne se traduit pas par un désintérêt pour les élections. Tout au contraire, les différentes vagues de sondages de l'Ifop, les personnes interrogées, qui assuraient « se sentir gilets jaunes », affichent à 50% une volonté de participation bien supérieure à la moyenne.

Et cela, même si la diversité des manifestants appelle à une certaine prudence.

Loin de leur volonté initiale de se présenter comme une entité apolitique, les Gilets jaunes manifestent un appétit certain pour la chose électorale. Clairement moins abstentionniste que de nombreux sympathisants politiques, ils pourraient peser sur l'issue du scrutin prochain. Une échéance qui s'annonce bipolaire selon les récentes enquêtes d'opinion, avec La République En Marche et le Rassemblement national qui font la course en tête, loin devant Les Républicains.

La perspective d'une liste Gilets jaunes n'est, elle, créditée que de 5% des voix.

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