La séquence s'est déroulée un peu après 16h ce 1er mai 2019, alors que les manifestants poursuivaient encore leurs déambulations à Paris. En à peine quelques heures, elle a provoqué un véritable émoi de la classe politique, tous bords confondus. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a, lui, rapidement dénoncé ce qu'il pensait être une "attaque" contre le service public. Tandis que du côté des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon criait déjà à une possible manipulation du pouvoir, afin de faire taire le net regain des revendications.

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Il faut dire que, selon les premiers témoignages recueillis, une trentaine de personnes avaient pris d'assaut l'hôpital de Pitié-Salpêtrière où elles auraient tenté de forcer l'accès au service de réanimation. Et si leurs intentions sont un temps restées confuses, des images disponibles sur Facebook et tournées par un personnel soignant présent au moment de la scène permettent désormais d'en sortir une analyse plus exhaustive. On y constate effectivement que de nombreux individus ont tenté de se replier dans le service de réanimation.

Incident à la Pitié-Salpêtrière : un repli chaotique, plutôt qu’une 'attaque' délibérée
Incident à la Pitié-Salpêtrière : un repli chaotique, plutôt qu’une 'attaque' délibérée

Un simple mouvement de foule

Mais loin de l'acte délibéré, on s'aperçoit qu'il s'agissait plus d'un mouvement de foule. Certains manifestants, dont une partie revêtant un gilet jaune, se sont mis à courir dans l'enceinte de l'hôpital. A noter que les grilles d'entrée avaient été forcées un peu plus tôt, et que les gens, qui ont pénétré au moment où l'incident s'est produit, étaient vraisemblablement en train de fuir les policiers. Une bonne trentaine d'entre eux se sont alors retrouvés à s'engager sur un escalier extérieur pour essayer d'entrer dans le bâtiment.

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Pour beaucoup, tout laisse croire qu'ils ne se doutent pas qu'il y avait là un service de réanimation. Leur progression dans les locaux a été stoppée nette par le personnel soignant, qui a fermement tenu les portes closes. Un jeune tentera bien de forcer le passage, mais sans succès face à des soignants qui indiqueront, à plusieurs reprises, aux manifestants qu'ils se trouvaient dans un secteur sensible de l'hôpital. La scène durera une bonne minute, avant une intervention sans heurt des forces de l'ordre pour décanter la situation.

Des individus apeurés, selon les soignants

Dans le détail, plusieurs coups sur la porte peuvent être entendus sur la vidéo d'environ six minutes. A l'exception d'un manifestant visiblement retraité qui cherche vraiment à forcer le passage au moment où le personnel décide d'ouvrir la porte face à la situation maîtrisée par les policiers, tout s'est passé dans le calme. Tous les individus présents sur l'escalier extérieur finiront en effet par dégager le passage dans le calme le plus total, et sous le regard très vigilant des forces de l'ordre mobilisées sur l'ensemble du périmètre.

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Après le retour à une situation plus apaisée, on pourra suivre le personnel de l'hôpital abonder sur l'incident qui se sera déroulé sous leurs yeux. De l'avis d'un, la dérive de l'incident est à imputer aux CRS qui auraient pris les manifestants en étau par leurs charges successives. La seule issue, selon lui, n'était autre que leur bâtiment. Une analyse à laquelle Christophe Castaner et Edouard Philippe goutteront peu, alors qu'ils s'offusquaient encore ce jeudi que les manifestants aient choisi de s'introduire dans un hôpital.

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