L'incident survenu mercredi à la Pitié-Salpêtrière ne semble pas en passe de redorer l'image du gouvernement. Monté au créneau dans la foulée des événements qui ont un temps suscité l'émotion de la classe politique, Christophe Castaner est désormais sonné de s'expliquer. S'appuyant sur les témoignages qui lui sont parvenus, le ministre de l'Intérieur avait en effet qualifié, dès les premières heures, les faits comme une "attaque" contre un personnel soignant qui s'était montré exemplaire pour protéger l'intégrité de ses patients.

Mais depuis jeudi, une vidéo tournée sur la séquence en question a permis de lever quelques doutes sur le contexte dans lequel l'intrusion de l'hôpital était intervenue. Plus un repli chaotique qu'une attaque délibérée de la part d'une trentaine de manifestants qui semblaient visiblement vouloir échapper à la tenaille des forces de l'ordre. Une enquête est d'ores-et-déjà en cours, et devra déterminer en toute sérénité l'ensemble des tenants et des aboutissants de cette scène qui s'est avérée à tous les égards des plus confuses.

Pour les Insoumis, Castaner est un "menteur"

En attendant, le locataire de la place Beauvau fait déjà les frais de ses choix de communication. L'opposition lui veut ainsi d'avoir prêté à confusion l'opinion, sur un événement qu'il ne juge pas si dramatique au final. La France insoumise fait, en ce sens, la course en tête des reproches, allant jusqu'à qualifier l'ancien porte-parole du gouvernement de "menteur".

Une situation qui ne devrait pas aider à apaiser un rapport déjà très tendu avec l'exécutif, qui n'entend pas reculer dans sa stratégie de maintien de l'ordre.

Le fidèle d'Emmanuel Macron a renouvelé jeudi soir son soutien aux forces de l'ordre et au personnel soignant. Et s'il n'a plus employé le terme "d'attaque", le député des Alpes de Haute-Provence ne renie pas ses propos prononcés la veille. Il entend que l'intrusion a été vécue comme une agression par certaines des personnes présentes, et que l'action des unités déployées sur place s'était voulue parfaitement proportionnée. Il ne pourra pas être démenti sur ce dernier, puisque l'incident a été géré dans le calme.

Une audition au Sénat ?

Avec la retombée relative de l'émotion, certains politiques réclament à présent une audition de Monsieur Castaner. C'est notamment le cas au Sénat où à droite comme à gauche, on voudrait le questionner. De l'avis de Bruno Retailleau, sénateur LR de la Vendée, il serait intéressant d'entendre les explications du premier flic de France sur l'incident survenu en marge des manifestations du 1er mai.

Un avis partagé par son homologue du PS, Patrick Kanner qui souhaite que celui-ci se présente devant la chambre Haute.

Une hypothèse qui pourrait germer dans les discussions parlementaires des prochaines semaines, mais qui devrait avoir du mal à prospérer. Si la prise de position du ministre d'Etat ne cesse d'être condamnée, sa reprise en mains du maintien de l'ordre en France et plus particulièrement à Paris semble porter ses fruits.

Loin d'un 1er mai noir comme l'avaient annoncé de nombreux Black blocs, les violences ont, cette fois, pu être contenues en marge des cortèges de manifestants. Un point qu'à Beauvau on met déjà en avant.

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