L'annonce était appelée de leurs voeux par de nombreux cadres de la droite, elle sera finalement intervenue dans la soirée de dimanche. Après un an et demi d'exercice au sommet du parti, Laurent Wauquiez n'est plus à la tête des Républicains. Le président de région Auvergne-Rhône-Alpes a finalement dû céder à la pression de ses camarades, après la débâcle enregistrée aux européennes il y a une semaine. A noter que son départ ouvre désormais la voie à une recomposition à l'intérieur même de sa famille politique.

Et il faut dire que les premières manœuvres en vue de le remplacer sont déjà à l'oeuvre en coulisses. Si certaines voix se refusent à viser ouvertement le poste de chef, nombreuses sont, en revanche, celles qui entendent peser sur le choix final et l'avenir du parti historique de la droite. Bien sûr, en attendant que soient fixés les échéances pour la reconstruction de leur ligne politique, les Républicains seront amenés, comme le prévoient les statuts, par Jean Leonetti, le maire d'Antibes et jusqu'ici vice-président délégué du parti.

Larcher, Pécresse, Retailleau, certaines têtes sortent déjà du bois

Un bureau politique des Républicains est d'ores-et-déjà prévu ce lundi, et celui-ci devrait jeter les bases de l'après-Wauquiez sans que l'on puisse avoir une lecture précise de ce qui pourrait y être décidé. On sait en tout cas que, pour cette suite, un certain nombre d'acteurs tenteront d'imprimer leur marque dans les discussions. C'est notamment le cas du président du Sénat Gérard Larcher qui appelait dès lundi dernier les patrons d'élus LR à la mise en place d'une plateforme de discussions en dehors de sa famille politique.

Alors que personne ne semble lui prêter une ambition présidentielle, son initiative avait d'ailleurs recueilli un écho favorable chez l'ensemble des responsables conviés à reconstruire un large rassemblement de la droite et du centre. Comptant parmi ces derniers, le sénateur LR Bruno Retailleau vient, lui, de saluer la dignité du désormais ex-chef de parti. Il représente à n'en pas doute une valeur sûre tout comme Valérie Pécresse, mais tous les deux ne semblent capables de faire l'unité d'un parti de plus en plus morcelé.

LR en pleine bataille de personnalités

Car c'est bien sur ce morcellement que Les Républicains pourraient finir par mordre leur propre queue et disparaître du paysage politique français. Chacun des courants politiques ayant subsisté au sein du parti, semble clairement décidé à ne plus jamais se laisser marginaliser comme cela a été le cas durant de longs mois. Difficile donc d'aborder le défi de la reconstruction évoqué par la présidente de la région Ile-de-France, qui a, pour sa part, salué la démission de Laurent Wauquiez comme une "sage décision".

Triste perspective donc, au point où le nom de Nicolas Sarkozy est remis au devant de la scène. Très discret depuis 2017, l'ancien chef de l'Etat jouit toujours d'une position confortable auprès des sympathisants de sa famille politique. Autant dire que sa voix devrait énormément compter dans la remise à plat qui s'annonce pour Les Républicains. Mais, il ne sera pas le seul à tenter de peser, puisque les jeunes pousses du parti sont à l'offensive, avec Guillaume Peltier, Guillaume Larrivé et Geoffroy Didier, pour tenter d'imprimer.

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