Loin des intentions prometteuses que lui annonçaient les sondages d'opinion, la liste des Républicains a finalement obtenu 8,48% des votes exprimés par les Français lors du scrutin européen dimanche dernier. Une véritable déroute pour le parti qui avait espéré donner un bon coup de frein à l'ambition d'Emmanuel Macron de se poser en seule entité crédible sur l'échiquier politique. Désormais, il souffle comme un vent de crise autour de Laurent Wauquiez, que certains leaders de la droite pointent du doigt comme responsable.

Dès lundi, le président de région Auvergne-Rhône-Alpes a pourtant tenté de calmer les ardeurs de ses troupes, à l'occasion d'un bureau politique du parti censé poser les outils pour répondre à cette débâcle. Il y promettait en effet la mise sur pied d'états généraux pour la rentrée de septembre. En ligne de mire, le patron LR entendrait qu'il y soit abordé tout ce qui touche aux valeurs, au projet, au fonctionnement et à la stratégie d'alliance de sa famille politique, qui semble visiblement avoir loupé le coche.

Certaines voix jugent le plan d'action trop lent

Mais, pour certains, les propositions mises sur la table ne vont clairement pas assez loin, ni assez vite à leur goût. Si le président du parti traditionnel de la droite assurait que l'ensemble des sensibilités et des courants politiques seraient entendus, sa capacité à mener la reconquête des Français est particulièrement mise en cause. Des responsables laissent ainsi entendre en coulisses qu'après avoir rétréci Les Républicains, l'élu de 43 ans ne peut plus se prévaloir de les rassembler derrière un projet commun.

Pour beaucoup dont Bruno Retailleau, le chef de file des Républicains au Sénat, le risque pour le parti aujourd’hui c'est une disparition pure et simple du paysage politique. En cela, il est rejoint par son collège du palais du Luxembourg, Gérard Larcher, qui a lancé dès mardi un appel à l'ensemble des responsables de corps d'élus locaux, mais aussi aux chefs de file du parti qui siègent à l'Assemblée nationale et au Sénat. La plateforme se réunira mardi prochain et visera à renouer avec une nécessité de rassembler plus large.

La jeune garde met la pression

Elle semble bien loin la trêve que le patron des Républicains et sa tête de liste pour les européennes, François-Xavier Bellamy pensaient avoir obtenu lundi en demandant "pardon" aux cadres du parti. D'autant que désormais, les jeunes pousses de la droite sont entrées dans la danse, en appelant à une mobilisation des bonnes volontés pour tenter de construire autre chose que la ligne conservatrice défendue bec et ongles par Laurent Wauquiez : une initiative dont ce dernier redoute qu'elle enterre définitivement LR.

Pour ne rien arranger, voici que depuis quelques jours, la majorité fait des appels du pied aux élus locaux des Républicains, notamment les maires. Mis sur pied dans la foulée de la présidentielle de 2017 par d'anciens LR, le parti politique Agir propose à ces derniers de les rejoindre pour travailler aux besoins des Français avec le gouvernement. Ce vendredi, le maire de Quimper Ludovic Jolivet a fait le pas, avec d'autres qui pourraient prochainement suivre : aucun doute que la position de Wauquiez sera difficile à tenir.

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