Les élections européennes ont rendu leur verdict dans toute l'Europe ce dimanche 26 mai 2019. En France, le Rassemblement national a fini la course en tête tout juste devant La République en Marche amenée par Nathalie Loiseau. Et plutôt que ressasser le fait d'avoir été doublé sur la fin, la majorité dirigée par Edouard Philippe préfère saluer un "score honorable", loin de tout triomphalisme. Le Premier ministre a ainsi assuré être à la tâche pour poursuivre la mise en oeuvre du projet macroniste.

Il faut croire que jusqu'au bout, la campagne des Marcheurs pour les européennes n'aura jamais réussi à décoller auprès de l'opinion. Une situation qui pourrait susciter chez les responsables du parti présidentiel et de ses alliés quelques interrogations sur la stratégie employée. Du côté de l'Elysée, on note toutefois une volonté de se faire discret, tout en affichant la nécessité de garder les mains du volant. Ce sont donc des messages positifs qui ont été distillés durant toute la soirée, afin de féliciter les militants pour leur engagement.

Une pointe de déception visible

En effet, ce qu'il faut retenir des interventions des Marcheurs après la publication des premières estimations, c'est cette capacité à avoir tenu le bras de fer face au parti nationaliste de Marine Le Pen. Du côté des militants réunis à La Mutualité à Paris, ce sont même des vivats qui ont salué l'annonce de la 2e place pour la liste Renaissance donnée à un point du RN. Une ambiance pas si différente à Matignon, où l'on a accueilli les résultats avec une certaine "humilité", reconnaissant que ce résultat n'était pas une victoire.

Pour le numéro deux de La République en Marche, Pierre Person, ce scrutin s'est révélé être à la fois une pointe de déception pour ne pas avoir fini en tête, mais aussi une forme d’optimisme car mine de rien le score reste non négligeable sur une participation qui s'est avérée plus élevée que dans les tendances. Il y a d'ailleurs une satisfaction à avoir puisque les partis traditionnels ont, eux, enregistré les pires scores de leur histoire. Le PS est en 6e position à un peu plus de 6%, tandis que LR est à moins de 9%.

Le barrage au RN affaibli

Présents dans la salle où le chef de l'Etat posait le discours fondateur de sa campagne en juillet 2016, des ministres et députés se sont donc montrés résilients face aux attaques de leurs adversaires qui ont, pour beaucoup, accusé le Président d'avoir pollué les élections pour la bipolarisation du débat. Après avoir bataillé pour faire reculer l'ennemi RN, on tient désormais à minimiser l'impact de cet échec : si Emmanuel Macron avait affiché sa volonté de faire barrage au parti d'extrême droite, on admet n'avoir pas réussi.

Mais déjà, au sein de la macronie, on entend que les choses n'en resteront pas là. Dans son discours d'après résultats, Nathalie Loiseau a noté que le vrai combat commençait, et que les eurodéputés d'En Marche seraient à la tâche au Parlement européen afin d'obtenir des avancées pour les Français. Pas de relâchement dans l'action donc, mais plutôt une accélération alors que l'acte II du quinquennat du chef de l'Etat est désormais pleinement ouvert : il pourra en tout cas s'appuyer sur un groupe plus fort que prévu à Strasbourg.

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