Longtemps redouté par les cadres de La République en Marche, une candidature dissidente de Cédric Villani à Paris semble bien se profiler pour la rentrée. Loin des mises en garde explicites de la Commission nationale d'investiture, la nouvelle pourrait être officialisée le 8 septembre, date à laquelle devrait se tenir à Bordeaux l'université d'été du parti présidentiel. Le député mathématicien se lancerait ainsi dans la course face à Benjamin Griveaux, ce que déplorent les proches du candidat attitré de la LaREM pour les Municipales de 2020.

Le scénario est dramatique et divise parmi les Marcheurs, qui ont encore en tête le fiasco de la droite finalement battue au début des années 2000 par Bertrand Delanoë. Et le crash paraît d'autant plus probable dans la course pour l'Hôtel de ville parisien, que le détendeur de la médaille Fields a réussi à accrocher un soutien populaire non négligeable lors de sa précampagne pour l'investiture. D'ailleurs, c'est en faisant état de cet élan d'enthousiasme que son entourage mise sur les chances qu'a ce dernier de faire un bon score dans la capitale.

Quelques frissons chez les Marcheurs

Et c'est bien cette assurance qui inquiète dans les instances du parti présidentiel où l'on craint déjà un éclatement net des voix de l'électorat d'Emmanuel Macron. Même si elle ne se trouve pas dans une situation moins délicate, l'hypothèse est en tout cas susceptible de reconduire assez naturellement Anne Hidalgo vers un second mandat à la mairie de Paris. Une situation qui viendrait mettre un peu d'eau dans le vin de l'Elysée, alors que le chef de l'Etat avait espéré, comme avec la mairie de Lyon étendre un peu plus son maillage territorial.

Pour Julien Bargeton, responsable du projet dans la campagne de l'ancien porte-parole du gouvernement, la piste d'une candidature Villani serait une catastrophe. Invité sur Europe 1 mardi matin, le sénateur de Paris tend donc encore la main au député de l'Essonne, et l'appelle au rassemblement qui, seul, pourra garantir la victoire à La République en Marche. Un appel qui pourrait toutefois rester lettre morte selon les informations du NouvelObs pour qui les choses sont vouées à conduire à une bataille de personnes particulièrement compliquée.

Pour Villani, pas question de céder aussi facilement

En effet, les avis sont déjà très tranchés de part et d'autre de cet épineux dossier, qui embarrasse autant la direction du parti que les membres du gouvernement. Pour les partisans du mathématicien qui s'estiment floués par le traitement des profils à la CNI, celui-ci aurait une chance de donner un autre visage à la politique à Paris. Une idée qu'ils se disent, pour beaucoup, prêts à mener jusqu'au bout, quitte à fragiliser un peu plus la majorité présidentielle souvent critiquée de "godillot" par les opposants politiques de tout bord à Emmanuel Macron.

C'est en tout cas une ligne dure que pointe du doigt l'entourage de Benjamin Griveaux, qui reste convaincu que Cédric Villani va se lancer coûte-que-coûte. On se prépare donc en conséquence au QG de campagne pour tenter de limiter la casse, en valorisant un projet pour la ville beaucoup plus ambitieux que celui porté par l'élu de l'Essonne. Aucun doute que les prochaines semaines de discussions entre les différents protagonistes s'annoncent houleuses, avec en fond, le nom d'Edouard Philippe qui resurgit comme le pari de l'apaisement.

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