Loin de la déroute que lui promettaient ses détracteurs, Anne Hidalgo est aujourd'hui en situation plus que confortable de rempiler pour un second mandat à la mairie de Paris. L'argument tient du fait que l'édile socialiste pointe largement en tête d'un sondage Ifop-fiducial pour le JDD paru dimanche, lequel prenait en compte la candidature dissidente de Cédric Villani. Le député mathématicien vient quant à lui talonner le candidat désigné de La République en Marche, Benjamin Griveaux qui semble plus que jamais bien mal engagé.

Il faut dire que cette nouvelle enquête d'opinions fournit des indications précieuses sur le tout nouveau rapport de forces qui s'est installé dans la capitale ces dernières semaines. Elle confirme d'ores-et-déjà le statut de grande favorite pour la maire sortante, même si elle laisse tout autant apparaître sa relative fragilité face à des oppositions multiples et importantes. De plus, le sondage conforte dans le même temps la démarche de la comète Villani bien partie pour mener une aventure totalement folle dans la capitale, avec déjà 15% d'intentions de vote.

La guerre qui peut faire mal

C'est en tout cas la preuve que son camarade marcheur, Benjamin Griveaux, a du souci à se faire pour le scrutin qui prendra tous ses droits en mars 2020. Malgré une campagne lancée depuis quelques semaines maintenant, le fidèle lieutenant d'Emmanuel Macron ne recueille en effet le soutien que de 17% des Parisiens, à tout juste deux longueurs du député de l'Essonne. Et autant dire qu'avec un écart aussi faible entre les deux hommes, difficile d'imaginer un futur rassemblement des Marcheurs pour faire face à Anne Hidalgo.

Dans le camp du médaillé Fields, on croit d'ailleurs plus que jamais dans ses chances de tirer la couverture de son côté au grand dam des dirigeants du parti présidentiel. Mais encore faudra-t-il réussir à inverser la balance sur la capacité à attirer l'électorat du président de la République, pour lequel l'ancien porte-parole du gouvernement tient un avantage avec 34% contre 27% pour ­son rival. Et si elle domine le classement avec ses 24% d'intentions de vote, la maire PS est loin de ses 34,4% de mars 2014 qui lui avait permis de dominer la droite.

Scrutin très incertain

Pour le reste, le scrutin reste à l'heure actuelle très incertain avec quatre concurrents pour l'hôtel qui sont dans un fourchette raisonnable de quatre points. Une liste LR conduite par Rachida Dati recueillerait 14% des voix parisiennes, tandis que celle d'EELV amenée par David Belliard pointerait à 13% des intentions de vote dans le sillage du scrutin européen. L'échéance signerait à coup sûr la mort de la droite républicaine si l'ancienne ministre de la Justice venait à s'effondrer dans une élection qui échappe à son parti depuis la débâcle de 2001.

A noter toutefois le caractère plus symbolique que significatif de ce sondage dans des municipales parisiennes qui se déclinent en réalité en 17 élections. Ce sont les 163 conseillers sortis des urnes dans chaque arrondissement (1er, 2e, 3e et 4e fusionnés en un seul secteur électoral) qui se constitueront en grands électeurs pour désigner le locataire de l'Hôtel de Ville. Dans le jeu des alliances à venir, il sera donc important d'apprécier comment les arrondissements les plus peuplés (15e, 18e, 19e et 20e), mais aussi ceux-clés (12e et 14e) se décident à voter.

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