Loin de mettre fin au climat de tensions qui prévaut autour de la réforme des retraites depuis six semaines, la nouvelle devrait apporter un peu de sérénité dans les rangs du gouvernement. Samedi, l'UNSA, syndicat majoritaire à la RATP, annonçait une suspension de sa participation à la grève illimitée lancée le 5 décembre dernier par l'intersyndicale CGT-FO-FSU-SUD Solidaires contre le projet porté par l'exécutif. Une décision qui pourrait bien marquer la fin du plus long mouvement de grève depuis mai 68, même si certains espèrent le faire évoluer pour maintenir coûte-que-coûte la pression sur Matignon.

Une réponse à la main tendue

Sinon, il faut dire que le moment se sera longtemps fait attendre du côté de la SNCF et de la RATP où on n'a pas manqué de se réjouir d'un retour à la normale pour les usagers ce lundi. Non sans concessions et au prix d'un bras de fer à rebondissements entre un gouvernement très prudent suite à son expérience des gilets jaunes et des syndicats revigorés par le soutien quasi-constant de l'opinion. Mais, c'est sans doute le pas en arrière d'Edouard Philippe sur l'impopulaire mesure de l'âge pivot qui aura permis de faire une avancée majeure sur le dossier.

Suffisant en tout cas, de l'avis du Premier ministre, pour contraindre les syndicats réputés "réformistes" d'enfin prendre leurs responsabilités dans ce conflit sans fin. Favorables à une remise à plat du système actuel conformément à la promesse de campagne d'Emmanuel Macron, ces derniers s'étaient en effet offusqués de l'intention de l'exécutif d'intégrer un volet budgétaire au projet. Alors, autant dire que la décision de confier aux partenaires sociaux le soin de définir les actions à poser pour un retour à l'équilibre de la caisse commune a ravi.

Un dialogue qui se poursuit

Pour le reste, on s'est félicité dans les rangs de la majorité de la souplesse affichée par le locataire de Matignon face à l'impératif d'avoir des alliés sur un dossier aussi épineux. Si la CGT de Martinez ou FO de Veyrier continuent d'appeler à un retrait pur et simple du projet, CFDT, CFTC et UNSA pourraient s'afficher comme les voies de sortie de la crise. Les discussions ont en tout cas été très nourries ces dernières semaines entre réformistes et exécutif, dans l'optique d'un texte présenté en conseil des ministres pour le 24 janvier prochain.

Et si le dialogue a, un temps, semblé se durcir, il est plus que jamais au beau fixe avec des percées sur deux autres volets hautement sensibles de la réforme. Notamment la question de la pénibilité si chère à Laurent Berger, mais aussi les interrogations autour de l'emploi des seniors dont beaucoup estiment qu'il pourra dégager de belles perspectives pour l'avenir. Le gouvernement se retrouve donc face à la semaine de tous les dangers, avec la nécessité de montrer dans le rendu de sa copie qu'il a bien entendu l'inquiétude des Français.

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