L'association Générations futures, qui milite pour l'interdiction des perturbateurs endocriniens et des pesticides dangereux, a soumis 30 personnalités consentantes à un test d'urine afin de vérifier la présence de glyphosate dans leur organisme. Résultat : un taux hors normes et inquiétant de ce dangereux perturbateur endocrinien a été retrouvé dans 100% des analyses.

Une concentration importante

Les analyses ont été produites sur un échantillon représentatif de la société civile, comprenant des personnes vivant en campagne, des personnes vivant en ville, des végétariens, et toutes d'âge différent.

Ce qui est certain, c'est que les 30 tests se sont révélés positifs, comportant, donc, du glyphosate, et pas en moindre quantité. Ce perturbateur endocrinien, que les institutions européennes refusent encore d'interdire, est largement présent dans un herbicide commercialisé par Monsanto. On le retrouve également, en général, dans la plupart des pesticides agricoles. Le problème est son omniprésence : il se trouve aussi dans l'eau, dans l'air et dans l'alimentation.

Néanmoins, ce qui a le plus inquiété est la concentration du glyphosate dans les urines, la concentration moyenne étant de 1.25 microgrammes par litre, autrement dit, 12.5 fois la concentration admissible pour un pesticide dans une eau potable selon les normes en vigueur.

Cette forte présence du perturbateur endocrinien dans les urines est d'une gravité sans précédent, car son impact sur la santé a été avéré.

Cancérigène

Depuis mars 2015, ce pesticide est classé " cancérigène probable." En effet, il aurait un impact avéré sur le développement hormonal de l'enfant, et provoquerait des pubertés précoces.

Chez les adultes, cet impact se changerait plus couramment en cancer des parties génitales : cancer du sein, du col de l'utérus, des testicules, de la prostate, etc.

L'Europe reste sourde

Pourtant, l'Union Européenne refuse encore d'interdire ce dangereux perturbateur endocrinien. La coordinatrice de ce test a formellement demandé, devant l'ampleur des résultats, l'application stricte du principe de précaution et l'arrêt de la vente de ce pesticide.

Or, en règle générale, la réglementation européenne est stricte vis-à-vis de ces produits : les normes européennes interdisent l'utilisation de pesticides s'ils sont scientifiquement considérés comme cancérigènes certains ou probables. Il a été classé comme cancérigène probable par l'OMS, mais des études récentes d'experts pour le compte de l'Union européenne ont conclu l'inverse, à savoir que le glyphosate ne comportait aucun risque de cancer - études mises en cause car brouillées par des conflits d'intérêt. Du coup, pour le moment, l'Union Européenne reste sourde aux réclamations de ses Etats membres et continue d'autoriser la commercialisation de produits contenant du glyphosate, sur la base du dernier rapport de l'Autorité européenne de sécurité des aliments.