C'est un sujet devenu récurrent dans notre société : le bien-être animal. Alors que certains veulent le mettre au même niveau que la santé humaine, de plus en plus de voix s'élèvent pour améliorer la condition animale. C'est notamment le cas du référendum pour les animaux ou des nombreuses propositions du député LREM Loïc Dombreval destinées à faire bouger la condition animale.

Depuis le confinement un autre sujet est arrivé sur la table : la téléconsultation vétérinaire. Pour offrir des soins à des propriétaires parfois angoissés par l'isolement et la fermeture des cabinets vétérinaires, Animoscope s'est placé en acteur de premier plan.

Conseils, service de prévoyance en ligne ou encore système de couverture sociale pour petites bêtes... Cette start-up de 10 amoureux de chien et Chat a réellement proposé des solutions digitales, efficaces. Son fondateur, Julien Tripet, répond aux questions de Blasting News.

Vous proposez une couverture sociale pour Animaux domestiques ainsi que des soins vétérinaires. D’où êtes-vous partis pour comprendre qu’il y avait une demande à ce niveau-là ?

Ce sont des produits qui existent depuis quelque temps. Il existe deux problèmes structurels sur le marché. D’abord les frais vétérinaires ne sont pas réglementés et ont quasiment doublé sur les dix dernières années, il y a ensuite de plus en plus de chats et de chiens en France.

Ce qui fait qu’on se retrouve dans un problème d’accès aux soins pour les animaux de compagnie donc l’assurance santé est un outil qui doit permettre de pouvoir mieux soigner les animaux.

La téléconsultation vétérinaire encore interdite jusqu’ici, a été accélérée par la crise du Coronavirus. Cette mesure publiée au Journal officiel reste cependant une expérimentation pour 18 mois uniquement. Est-ce-qu’on prend trop de temps à obtenir un cadre réglementaire approprié pour la médecine vétérinaire selon vous ?

Clairement !

C’est beaucoup trop frileux encore. Cela fait des années que l’écosystème le demande. Le cadre a explosé cette année en quelques semaines, ils n’ont pas eu le choix et on agit trop rapidement. On aurait dû se concerter avec tous les acteurs de l’écosystème car il y a une vraie demande des propriétaires et des vétérinaires.

Tout comme en santé humaine, au début cela ne concerne qu’un petit nombre de patients potentiels. Effectivement pour effectuer une télé-consultation, il faut que le vétérinaire ait vu l’animal au préalable dans les 12 derniers mois. Aujourd'hui c'est plus un outil de suivi plutôt qu'un outil de conseils en amont, et nous c'est ce qu'on souhaite faire à terme.

Il y a-t-il eu un changement durant la crise du COVID-19 dans les demandes/profils de vos clients ? Des personnes souhaitant des animaux mais qui ne s’y intéressaient pas forcément auparavant ?

Il y a eu un intérêt marqué de la part des propriétaires de chiens et de chats qui ne pouvaient plus se rendre chez le vétérinaire. Ils avaient besoin d’être rassurés, d’avoir des réponses.

Le conseil en ligne que nous proposons sur Animoscope prend là toute sa valeur.

La plupart des gens ne sont pas armés sur la manière dont il faut réagir face à un problème de santé. L’outil vétocheck permet de mieux guider. Cela a permis de montrer que, quand on a un problème avec son animal, on n'est pas obligés de se précipiter chez le vétérinaire mais on peut choisir la meilleure approche (aller chez son vétérinaire habituel, faire venir un vétérinaire, …) qui correspond à la situation.

Il y a-t-il eu un de vos secteurs qui s’est plus développé que les autres lors de cette crise ? Pouvez-vous l'expliquer ?

Le conseil: le conseil qualifié, le conseil immédiat. C’est vraiment ce qu’on adresse avec notre plateforme.

Nous avons organisé des 'Facebook Live' avec des questions-réponses. Des propriétaires d’animaux ont pu exprimer leur angoisse et qui ont besoin d'avoir des réponses. Nous nous sommes lancés très peu de temps avant le confinement et nous avons donc pu nous positionner comme des référents en matière de santé et bien-être animal. Et surtout, nous avons des outils gratuits pour les propriétaires d’animaux qui leur apportent des réponses fiables et précises.

Est-ce que vous pensez que les propriétaires d’animaux ont vu les bénéfices de la téléconsultation vétérinaire du fait qu’ils étaient plus obligés à favoriser le digital pour ne pas se déplacer chez le vétérinaire et avoir un contact physique lors de cette crise sanitaire ?

Cela s'est-il ressenti dans votre activité ?

Nous on a le sentiment que ces outils vont améliorer l’exercice de la profession de vétérinaire. Aujourd’hui, les propriétaires d’animaux de compagnie passent majoritairement par l’outil internet dans leur parcours de soins. Nous nous positionnons comme intermédiaires entre les patients et les vétérinaires. En France, il y a 10.000 vétérinaires chiens et chats pour 30 millions d’animaux. Ce n'est rien, il n'y en a n'a pas assez. Tout cela prend du temps naturellement.

Loïc Dombreval, Député LREM, vétérinaire et président du groupe d’étude parlementaire "Condition Animale", a récemment interpellé les ministres concernant la santé animale. Il a regretté qu’elle n’était pas directement liée à la santé humaine et à l’environnement.

Selon lui un médecin ne parle pas à un vétérinaire ... Il aimerait décloisonner à ce niveau, qu’en pensez-vous ?

Des choses peuvent être améliorées. C’est vrai que 30% des chiens dorment dans la chambre de leur maître, 20% restent dans leur lit d'après des récents sondages. À partir du moment où les propriétaires estiment que les animaux font partie de la famille et qu’ils doivent avoir les mêmes droits qu’eux : pourquoi pas ? La santé animale et humaine ne sont pas si éloignées. On l’a vu pendant le confinement les cliniques vétérinaires ont donné des respirateurs en réanimation qui sont utilisés sur les chiens et les chats… Il pourrait y avoir une passerelle entre la santé animale et la santé humaine à long terme.

Cette période sans précédent vous a-t-elle fait réaliser des choses concernant le milieu des animaux et vétérinaires ? Cela a-t-il mené à de futurs projets ?

Pour nous cette crise a clairement été un accélérateur. Il y a un vrai besoin. On a pris conscience qu’on avait des services vraiment utiles. Nous sommes en mesure d’apporter des solutions concrètes à des problèmes quotidiens sans avoir à se déplacer ou payer une fortune. Cela nous a plutôt consolidé dans notre modèle.

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