Cette jeune pousse française de 73 employés promet la commercialisation d’une véritable imprimante à ADN. L’objectif: produire de l’ADN de synthèse, sans avoir recours aux chimistes. DNA Script poursuit sa route vers la production d’ADN synthétique grâce à sa méthode révolutionnaire. ‘Syntax’ est la première imprimante à ADN au monde alimentée par la technologie enzymatique.

Pour nous en parler, le PDG Thomas Ybert, en participant au projet de Blasting News, Blasting Talks qui consiste à se concentrer sur les challenges auxquels les compagnies font face lors de l’évolution du monde digital, les profondes transformations socio-économiques et lors de cette période inédite de crise sanitaire.

DNA Script a été créé pour révolutionner l'écriture ADN avec des enzymes. Vous vous êtes lancé en 2014 pour se spécialiser dans la synthèse ADN, quels ont été les débuts de la société ?

Nous sommes tous issus avec les co-fondateurs Xavier Godron et Sylvain Gariel, de la biologie synthétique. On a remarqué que beaucoup de nos projets manquaient d’outils en biologie pour programmer ou reprogrammer les systèmes biologiques. Il s’agissait de permettre un accès à tous à un outil puissant qui prendrait la forme d'une imprimante ADN dans les laboratoires. De ce concept d’imprimante ADN est né le besoin de revoir la façon de synthétiser l’ADN pour pouvoir faire tourner et développer ces imprimantes.

Votre technologie de synthèse enzymatique disruptive transforme la biologie moléculaire ce qui contribue à la santé humaine et à la médecine personnalisée. Cela a-t-il concerné des recherches liées au COVID-19 ?

Quand le COVID-19 est apparu, beaucoup de personnes avec qui nous étions en discussion se sont tout d’un coup montrées très intéressées par notre produit.

Au plus fort de la crise, au début du confinement nous avions des groupes américains ou français qui nous ont appelé pour leur permettre d’avoir accès à de l’ADN de synthèse. Cela a prouvé toute l’importance de cette imprimante ADN pour eux.

Comment votre start-up a-t-elle continué à se développer pendant la crise du COVID-19 ?

Avez-vous connu des obstacles ?

Il y a eu deux aspects. Premièrement il a fallu gérer la sécurité de nos employés, la logistique autour du COVID comme toute autre entreprise. Nous avons beaucoup de personnels qui travaillent dans les laboratoires donc le télétravail n’était pas possible. Ensuite, l’autre impact pour nous a été extrêmement positif car beaucoup de clients se sont réveillés avec ce sentiment de valeur ajoutée apportée par notre imprimante. Cela a boosté notre visibilité et a permis de démontrer que notre synthèse d’ADN fonctionnait bien.

Avez-vous reçu suffisamment de financements pour continuer à développer vos prototypes ces derniers temps ?

Juste avant l’été nous avions levé 46 millions d’euros additionnels par rapport à l’année dernière.

Ce qui porte notre Series B à un total de 80 millions d’euros de financements. Le fait d’avoir réussi à avoir levé autant d’argent pendant cette crise est lié à la reconnaissance de l’intérêt de notre produit par le marché. En plus de tout cela, un certain nombre de financements publics ont été réorganisés et devraient aussi arriver dans le futur.

‘Syntax’ est la première imprimante à ADN au monde alimentée par la technologie enzymatique. Si on dit que votre produit se situe entre l'imprimante 3D et l'imprimante de bureau, c'est correct ? Comment fonctionne-t-elle ?

Dans une imprimante 3D même si on imprime aussi de la matière, le fonctionnement est extrêmement différent. Nous c’est plus un procédé de synthèse qui se crée à chaque étape et qui fabrique les molécules d'ADN.

Concernant l’imprimante de bureau, on peut utiliser la métaphore pour montrer à quel point ce sera simple à être utilisé. Mais les clients qui utiliseront ‘Syntax’ sont tous des professionnels, des chercheurs dans des équipes de recherche ou de développement. Elle ne sera pas installée chez monsieur tout le monde. Mais par contre il n’y aura pas de formation particulière ou de connaissances pour utiliser cette imprimante là.

Finalement qui sont vos clients à travers le monde ?

Ce sont vraiment des gens qui vont avoir besoin de développer des protocoles à base d’ADN. Tout ce qui concerne finalement la génomique, ce qui peut permettre de détecter des virus rapidement par exemple. Les premiers séquençages du COVID-19 ont été réalisés grâce à ces techniques très consommatrices d’ADN.

Nos clients demanderont également des tests de diagnostic pour les virus. Les entreprises pharmaceutiques qui essaient de travailler sur le vaccin contre le COVID vont notamment avoir besoin d’ADN pour mener à bien leurs recherches le plus rapidement possible.

Il y a aussi les entreprises disons plus innovantes ou émergentes, qui font des projets en devenir, des boîtes en développement sur les nouveaux matériaux. Enfin, nos derniers clients potentiels sont ceux intéressés par le stockage de données informatiques en ADN. Nous avons notamment un contrat avec l’agence IRPA du gouvernement américain pour financer des recherches autour de cette application.

Est-ce-que de nouvelles perspectives sont nées pour votre société depuis le récent épisode sanitaire ?

La première sera de livrer notre imprimante à des clients extérieurs pour la première fois. La deuxième c’est de faire en sorte d’élargir nos partenariats pour nous permettre de développer encore plus vite notre technologie et notre produit.

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