Lors du seul mois de septembre, 37 cyclistes ont trouvé la mort en France. C’est le bilan le plus dramatique de ces 10 dernières années. Avec l’arrivée de l’hiver et l’impact du changement d’heure, il devient dangereux de circuler à vélo la nuit, si l’on manque de visibilité. Afin de faire face à cette problématique et développer un projet de mobilité cyclable pour tous, Galanck propose des accessoires de haute visibilité utiles et nécessaires au confort des cyclistes, sur la route. Léa Galice, la fondatrice de Galanck participe au projet BlastingTalks qui donne la parole aux entrepreneurs pour observer leurs méthodes pour faire face à des challenges économiques et digitaux lors de cette période sans précédent de la crise du COVID-19.

Galanck propose des sacs connectés pour les cyclistes.

Qu’est-ce-qui vous a poussé à créer ces produits et vous lancer dans ce projet de mobilité cyclable ?

J’ai d’abord porté ce projet pour développer la mobilité cyclable en milieu urbain. Il fallait répondre à plusieurs problèmes notamment celui de la sécurité et du sentiment d’insécurité. Le premier facteur d’insécurité sur la route c’est la visibilité. D’où cette volonté d’avoir toujours ses lumières à disposition dans son sac, pour éviter de les oublier, de les décrocher etc. L’idée du projet sac à dos lumineux part de ce constat et de ce besoin : toujours avoir sur soi sa solution de visibilité portative.

Vous mettez en avant le développement d'une plus grande mobilité cyclable dans les villes. Quels sont les avantages et valeurs mis en avant dans vos produits afin d’y parvenir ?

Dans notre ADN, il y a la volonté de trouver des solutions pratico-pratiques pour pousser la population à rouler à vélo. Nous souhaitons retirer tous les obstacles qu’ils peuvent rencontrer sur la route. Au départ nous avions commencé avec la visibilité et après le premier confinement nous nous sommes diversifiés. En réalisant le bilan de notre activité depuis 3 ans, nous nous sommes rendus compte d’autres besoins évidents autour du vélo : il s’agit notamment du froid, des intempéries, du vent et bien sûr de la nuit.

Nous nous sommes lancés sur une gamme réfléchissante: nous proposons des vestes de pluie, des paires de gants adaptées, de la petite bagagerie-banane réfléchissante etc.

Selon le ministère de l’Intérieur, 37 cyclistes ont trouvé la mort lors du seul mois de septembre, il s’agit du bilan le plus dramatique de ces 10 dernières années. On note que 21% des cyclistes sont blessés ou tués la nuit.

Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne l’application liée à vos produits afin de renforcer cette sécurité ?

Effectivement, nous avons une application mobile qui vient compléter le “Galuchon”, notre sac à dos connecté. À l’aide d’un guidage sensoriel, le cycliste pourra suivre son GPS, c’est-à-dire que le sac va vibrer dans ses bretelles quand il faut tourner à droite ou à gauche. L’objectif de cette solution c’est d’éviter à l’utilisateur de regarder un écran en pleine course ou de s’arrêter au bord de la route. Grâce à cette application mobile, nous remettons à jour le logiciel du sac, ce qui est important car nous travaillons beaucoup en recherche et développement. Ainsi, nous avons développé avec un laboratoire qui s’appelle IFP Énergies Nouvelles, des algorithmes de freins basés sur un accéléromètre.

Nous allons mettre de la lumière de freins automatique en suivant les mouvements du cycliste. Également, nous venons de terminer une télécommande qui permet de déclencher les clignotants du sac à dos de manière déportée. Pour toutes ces innovations, le sac à dos a besoin d’être mis à jour, l’application mobile permet cet intermédiaire.

Le Covid-19 aurait dissuadé les urbains à prendre les transports en commun, on noterait même un engouement pour le vélo depuis le premier confinement. Confirmez-vous cette tendance ?

Pour toutes les boîtes d'accessoires, disons que le ressenti à été très différent que pour les boîtes qui font du vélo et de la réparation. Le déconfinement s’est fait en plein printemps et pendant l’été, ce qui fait que les néo-cyclistes n’ont pas eu besoin de s’équiper en termes de visibilité ou contre le froid.

Ils ont seulement eu besoin de s’équiper d’un moyen de mobilité. En revanche, l’automne et le changement d’heure ont accéléré l’activité. Aujourd’hui, le soleil se couche aux alentours de 17h, les gens commencent à comprendre qu’il faut rester visible et donc s’équiper.

Quels sont les freins qui manquent à la France pour obtenir des villes cyclables comme on en voit à Copenhague, à Berlin ou Amsterdam par exemple ?

Il faut dire que tout ce qui est réalisé à Paris sur la mise en place de pistes cyclables est très pertinent et nécessaire. Lorsqu’on parle avec les cyclistes, on constate qu'un des plus gros freins pour se mettre au vélo c’est la peur liée au trafic des voitures et au manque de routes dédiées. Ensuite ce qui manque de plus en plus ce sont des places de stationnement sécurisées.

On note qu’il y a tout de même un gros problème de vols de vélos en France. Enfin, il serait nécessaire de prendre de nouvelles habitudes comme se décourager d’avoir recours à son véhicule si on peut le faire plus rapidement à vélo. Il s’agit de continuer à la fois l’amélioration de l’aménagement du territoire urbain et à la fois l’éducation à l’utilisation du vélo. Ces modes de déplacements doivent être testés pour les rendre convaincants.

Vous semblez être attachés à votre impact sur l’environnement. Que mettez-vous en place pour rester éco-responsable ?

Nous avons un sac à dos connecté, ce qui n’est pas négligeable en termes d’impact environnemental. Mais dans la construction du sac, il faut savoir qu’il est éco-conçu car il est réparable.

Si il y a un problème de casse électronique, nous sommes en mesure de le réparer. Dans notre logistique, nous travaillons avec des usines qui sont classées “Business Social Compliance Initiative” (BSCI) qui est un indicateur de bien-être au travail. Également, nous faisons du fret par train ce qui reste tout de même le moins impactant au niveau écologique.

Quelles sont vos perspectives pour 2021 ?

On espère que cette crise accélère encore un peu les usages. Depuis quelques années, nous avons un chiffre que nous souhaitons faire évoluer, il s’agit du pourcentage de vélotaffeurs. En France, nous sommes à 5% de vélotaffeurs sur la population active, alors qu'en Europe le chiffre dépasse les 10% en moyenne. Dans un pays comme les Pays-Bas par exemple, on est à plus de 20% de la population qui se rend au travail à vélo.

Notre signal pour 2021, ce serait de voir enfin ce chiffre évoluer.

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