Après le spectaculaire nul à l'aller (3-3) qui avait mis en évidence la supériorité technique et collective du Betis Séville, l'enfer était promis aux Rennais, en qui plus grand monde ne croyait. Mais dans un vent d'optimisme sur le Football français symbolisé par la sortie de Kylian Mbappé, Hatem Ben Arfa gardait espoir : "Ça reste du 50-50. On sait qu'on a les qualités pour aller marquer. En allant là-bas avec un 3-2, on aurait pu jouer en reculant. Là, on sait qu'on doit aller chercher un résultat. C'est peut-être un mal pour un bien."

Dès le début de match, dans l'antre chauffée à blanc des Sévillans, trente minutes ont suffi pour rejouer le scénario du match aller avec deux buts signés Bensebaini et Hunou, avant que le transfuge parisien Lo Celso ne réduise la marque peu avant la pause.

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Les 3000 supporters bretons craignaient alors de revivre une égalisation synonyme d'élimination, mais c'était sans compter sur un coeur énorme des joueurs rennais qui ont su conserver cet avantage jusqu'au bout en inscrivant même un dernier but par Niang à la 90ème. L'histoire était en train de s'écrire pour un club qui était déjà en 16e de finale de coupe d'Europe pour la première fois.

Un palmarès vierge depuis près d'un demi-siècle

Régulièrement annoncé parmi les prétendants à l'Europe, le stade rennais échoue très souvent.

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On ne compte plus les déceptions. Faute d'ambitions ? En tout cas pas de moyens. Propriété du groupe Artémis fondé par le richissime François Pinault, Rennes a les fonds nécessaires pour faire aisément partie du Top 5 en Ligue 1, mais en théorie seulement. Car l'homme d'affaires français a arrêté les folies depuis les échecs retentissants de joueurs recrutés à prix d'or au début des années 2000.

Revenu à des logiques plus modestes, le club traîne depuis quelques années une réputation de loser, s'approchant des places européennes et s'écroulant souvent en fin de saison.

Le maigre palmarès constitué de deux Coupes de France en 1965 et 1971 et les deux finales perdues en 2013 et 2014 renforcent le sentiment que le Stade Rennais ne parviendra finalement jamais à grandir, l'affaire des Coupes de France disparues en début d'année dernière arrivant comme un symbole et non un canular.

2019 : l'envol du Stade Rennais ?

À l'été 2018, après une belle saison conclue par une cinquième place derrière le "Big four" Français et un mercato plutôt réussi avec Ben Arfa en tête de gondole, la sempiternelle question revenait sur la table : et si c'était enfin la saison du Stade Rennais ?

Trois mois plus tard, un début de championnat compliqué et une situation mal embarquée en phase de poules de Ligue Europa font abandonner tout espoir. C'était sans compter sur la résilience rennaise et deux victoires arrachées chez les tchèques de Jablonec et contre Astana au Roazhon Park, dans une "finale" de groupe. Une qualification pour une phase à élimination directe en coupe d'Europe, une première dans l'histoire du club. Un 1/8 de finale et une victoire en terre andalouse pour un club français, une nouvelle page inédite.

Pas encore décroché en championnat et toujours en course en Coupe de France, doit-on cette fois croire que le Stade Rennais commence réellement à écrire son histoire ?

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A l'instar des épopées de Monaco et Marseille, le parfum européen pourrait bien réveiller la Bretagne toute entière. Tous les espoirs sont maintenant permis.

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