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On aimerait qu'il soit un peu moins attendrissant. Président malgré lui, Kiefer Sutherland, alias Tom Kirkman ici, ou Jack Bauer dans 24 h Chrono, ne s'attendait pas à devoir endosser cette responsabilité. On apprend qu'il a été nommé survivant désigné. Pourquoi ? Suite à un attentat qui fait disparaître l'ensemble du congrès américain dès le premier épisode - rien que ça ! - il se retrouve parachuté président en moins d'une heure, devant prêter serment au détour d'un couloir, dans la panique généralisée.

Deux concessions pour suivre la série

Avant de pouvoir s'intéresser à l'essentiel du propos, il faut à mon sens faire deux concessions.

D'abord passer sur les approximations et manques d'explications sur les procédures d'urgence, le droit etc...On ne peut pas croire que l'appareil d'Etat est si fragile, et que les institutions américaines, une fois le congrès disparu, ne tiennent plus qu'à un seul et unique responsable. Que se passe-t-il alors si lui aussi venait à disparaître ? Mais le plus difficile, pour moi, c'est le perpétuel air coupable endossé par Kiefer Sutherland, quoiqu'il se passe. On l'entend penser " excusez-moi, je suis un usurpateur, je ne devrais pas être là, je suis un gentil moi, je ne suis pas comme tous les autres responsables politiques". Ce type ne veut pas de la responsabilité, il se débat avec les contraintes, mais il en verse dans le pathos de manière immodérée.

Les terroristes sont des blancs ?

Peu importe, on passe sur les freins.

Et attention, "ça décoiffe". Il semblerait que la série souhaite poser une question : les terroristes peuvent-ils être autre chose que des méchants venus du moyen orient ? C'est en tout cas ce qui nous est proposé, après qu'on ait été perdus dans la recherche de coupables tout désignés, barbus, religieux et revanchards. C'est à mon sens ce qui accroche et fait rester devant l'écran. Un contre-pied inattendu, assez bien amené. Car c'est d'abord à l'intérieur de la maison blanche que les recherches sont menées, pour conduire à une piste que se révélera fructueuse. Une incarnation du pouvoir terrien, blanc, conservateur, qui souhaite révéler au monde que les USA ne sont plus ce qu'ils ont été.

Théorie du complot alimentée

Bref, on a affaire à une sorte de fondamentalisme blanc, dont on pourrait dire, si l'on était provocateur, qu'il fait écho à une politique qui serait actuellement menée dans ce pays. Quoiqu'il en soit, les réalisateurs nous disent : il faut beaucoup d'argent pour perpétrer un attentat d'envergure, comme faire sauter un bâtiment important. Il faut des appuis et des contacts à l'intérieur de l'appareil d'Etat, pour avoir accès au site. Un attentat peut permettre de faire basculer un régime politique en surfant sur les émotions comme la peur ressentie par les citoyens. Ah, tout cela nous fait penser à des choses, de quoi alimenter toutes les théories du complot qui foisonnent et dont les internautes raffolent ! C'est le 2e ressort principal de la série !