Placée sous la protection du chef de l'État, l'Académie des sciences morales et politiques (présidé par l'homme d'affaire Michel Pébereau, ancien dirigeant de la BNP) est sollicitée pour débattre et apporter des réflexions autour de thèmes fondamentaux ou d'actualité tel que « L'homme et sa planète (2002) ». Quelques participants du grand colloque organisé dernièrement par l’Académie sur le thème des programmes scolaires, ont été interviewés par le journaliste de France Inter, Guillaume Meurice. L’optique affichée est de «déconnecter» l’enseignement général de l’#idéologie. Mais une idéologie en particulier, car le monde enseignant est jugé trop à gauche.

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Selon l’interlocuteur, depuis plus de 100 ans le pouvoir de l’éducation nationale est de gauche. Je me suis empressée de vérifier. Depuis 1917, j’ai épluché la liste sur wiki, une soixantaine de ministres de tous bords. Un grand nombre en faveur de la remise des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, quelques figures francs-maçonniques, un politicien impliqué dans l’opération de fichage politique et religieux des soldats de l'armée française, quelques radicaux socialistes qui ont participé à fonder des amendements à but humaniste. Dans les années 40, nous avons même eu un collabo nazi, de conviction fasciste.

Toujours est-il que le rapport de janvier dénonce carrément une influence marxiste dans les #manuels scolaires! (Moi qui trouvais que le programme de collège encensait les Etats-Unis).

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Lorsqu’il est demandé à l’interviewé de préciser en quoi consiste l’idéologie marxiste, il évoque une "hostilité à l’encontre de l’économie de marché", ou encore "prôner un changement radical, une révolution quoi", et aussi "ceux qui écrivent les manuels ne sont pas assez cultivés pour savoir ce qu’est réellement le #marxisme". En fait, il me semble bien que la définition générale a viré à l'amalgame, en effet, tout ce qui n’est pas pro-capitalisme libéral, et qui va à l’encontre de l’avidité sans limite qui tient lieu d’ambition, est catalogué "marxiste". Et tout ce qui révolutionnerait le système serait "marxiste". Ainsi, penser à préserver la qualité de vie sur notre planète, le respect de l’humain, des relations entre les hommes, la prévention des abus de l’homme envers son prochain, le respect des autres espèces, de la faune et la flore, toute forme de régulation d’exploitation des humains et des ressources de la planète sont vécus comme «marxiste» par ceux qui craignent une entrave quelconque au business! Une sorte de tabou est ainsi véhiculé, qui oserait afficher un anticapitalisme! Dans le monde des affaires, la politique n’est jamais assez libérale.

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Pourtant quand on réalise la puissance des multinationales qui gouvernent en sous mains le monde, celui qui se soucie réellement de l’avenir de la terre et de ses habitants, est en droit de remettre en question ce système qui pénalise ou sacrifie la très grande majorité des individus et du vivant.

L'idéologie de notre société : la loi du plus fort

Celle-ci est basée sur la théorie de Darwin, pourtant les espèces dépendent les unes des autres tout comme les humains, nous sommes des parties d'un tout et la collaboration est un plus grand moteur de progrès que d'écraser les plus faibles. Rêver d’un monde meilleur, plus éthique, plus juste, c’est marxiste? Et les révolutions procèdent-elles toujours dans la violence et le chaos? Pierre Rabby est-il révolutionnaire ? Le film documentaire «Demain» nous montre-t-il une révolution en marche? Tout seul, nous sommes impuissants. Mais si chacun se sent responsable du monde de demain et fait sa part, le cumule de ces petits gestes quotidiens, le cumule de nos choix de consommation, ne pourrait-il pas changer la donne? Le changement ne peut pas venir d'en haut, trop soucieux de préserver leurs acquis et leurs privilèges, les élites ne changent que ce qui favorise leur monopole. Le changement ne peut être initié que d'en bas. "Sois le changement que tu veux voir dans le monde" disait Gandhi.