Dimanche 15 janvier à 18 heures commençait le deuxième débat des primaires citoyennes. Des changements de posture ont été constatés, avec des candidats qui n'hésitaient pas à se dire en face les quatre vérités. Les principaux points de divergence concernaient la loi travail, l'écologie, les heures supplémentaires, l'immigration et la laïcité. Néanmoins, les journalistes ont remarqué qu'une solide base d'accord demeurait entre ces 7 candidats, par-delà les clivages partisans. Chacun s'est engagé à soutenir le vainqueur de la primaire.

Ecologie

Contrairement au débat du jeudi 12, les questionnements environnementaux ont été au centre de ce débat.

Publicité
Publicité

Avec la question de l'écologie venait le souci de l'énergie. Ce fut l'occasion pour chaque candidat de réaffirmer sa position à ce sujet. Certains, comme Vincent Peillon ou Arnaud Montebourg, ont tenu à rappeler que le nucléaire était la seule énergie propre et viable dont nous disposions pour le moment, et qu'il ne fallait pas songer à une dénucléarisation avant d'avoir fait émerger de nouvelles sources d'énergies renouvelables : combattre le nucléaire pour en revenir à l'approvisionnement en énergie par le charbon, comme en Allemagne, serait une régression, selon eux. De plus, ils ont souligné que le nucléaire garantissait à la #France son indépendance énergétique. Cependant, cette thèse a été réfutée par François de Rugy puis par Benoît Hamon, qui ont rappelé que les minerais qui servaient de combustible dans les centrales nucléaires (l'uranium, notamment) venaient de l'étranger, du Niger et du Kazakhstan, et donc que dans ce domaine la France n'était en aucun cas indépendante énergétiquement.

Publicité

François de Rugy a un projet ambitieux : 100% d'énergies renouvelables d'ici 2050. Pour sa part, Benoît Hamon envisage plus le court terme, et promet 50% de la part des énergies renouvelables dans le mixe énergétique d'ici 2025, et la sortie du diesel à cet horizon.

Cannabis

Manuel Valls est totalement contre toute légalisation ou dépénalisation du cannabis, arguant qu'une telle mesure amènerait de toute manière de nouveaux trafics souterrains d'autres drogues à se mettre en place. Jean-Luc Bennahmias, lui, qui n'a pas caché son engouement pour le cannabis, a rappelé que ce dernier avait au moins des vertus thérapeutiques, qu'il fallait souligner. Vincent Peillon et Arnaud Montebourg, eux, ont dit qu'il fallait ouvrir un débat sur la légalisation du cannabis, sans se prononcer immédiatement à ce sujet. Benoît Hamon, enfin, souhaite légaliser le cannabis afin de mieux encadrer sa circulation, de mettre fin au trafic souterrain pour libérer les priorités des forces de l'ordre, de pouvoir prélever une taxe sur sa vente, et pour ses vertus thérapeutiques.

Publicité

La taxe prélevée sur la vente permettrait également de continuer à financer la prévention. Sylvia Pinel, elle, a constaté que les policiers n'étaient que trop occupés par le trafic de ces substances, qui ne sont pas responsables de la majorité des morts en France dans l'année 2016.

Immigration

Tous les candidats sont tombés sur Manuel Valls, qui avait fixé un objectif modeste à la France : 30 000 migrants, alors même que l'Allemagne conservatrice en avait accepté plus d'un million. D'ailleurs, seuls 5000 migrants ont finalement reçu le droit d'asile en France. Tous, y compris Manuel Valls, ont rappelé la tradition d'hospitalité de la France, qui a beaucoup accueilli de ressortissants étrangers au cours de son histoire. Chacun s'est donc prononcé en faveur d'une augmentation du quota de migrants en France, mais à certaines conditions. Arnaud Montebourg souhaite mettre fin à la directive travailleurs détachés, qui plombe le moral des Français en ce qu'ils ont l'impression de voir des étrangers leur "voler" leur travail. Benoît Hamon, lui, souhaite fournir un visa humanitaire aux réfugiés pour qu'ils puissent travailler en France. Mais il a refusé de quantifier le nombre de migrants accueillis : "Ce ne sont pas des marchandises." #2017 #Élections