Il y a des barbiers plus sympas que d’autres. Certains vous proposent de s’occuper de votre barbe en étant entouré de coiffeuses sexy et dénudées. Et d’autres, comme Jack l’éventreur, n’auraient rêvé que de tuer et mutiler ces charmantes assistantes. Car l’éventreur était barbier. Du moins, si l’on en croit une étude scientifique publiée le 12 mars dernier dans une revue de science forensique - c’est à dire tout ce qui est lié à la police scientifique, à la médecine légale mais aussi à la recherche informatique ou financière. Le travail des experts en gros.

Un barbier polonais responsable de crimes sanglants

Selon cette étude, Jack l’éventreur aurait été Aaron Kośmiński, un barbier juif polonais qui a immigré en Angleterre en 1882, pour fuir les pogroms. Six ans plus tard, la série de meurtres attribués au plus célèbre des serial-killers commence. 5 meurtres, au moins, lui sont attribués, uniquement des femmes, des prostituées, rapidement égorgées et longuement mutilées à l’abdomen, avec parfois des prélèvements d’organes - à l’époque les barbiers ont encore des compétences médicales, ils font office de chirurgiens pour les pauvres.

Jack l’éventreur se paye également le luxe d’écrire à la police pour se moquer d'elle. Bref, des crimes atroces, même pour l’époque et le lieu, le quartier malfamé de Whitechapel. Les recherches sont bâclées, l’enquête s’enlise et ne donne rien. Deux ans après les meurtres, Aaron Kośmiński est interné en hôpital psychiatrique, et plus jamais Jack ne tuera, laissant planer le mystère sur son identité.

Une étude controversée pour un tueur mythique

Depuis 130 ans, Jack l’éventreur est devenu un mythe. Il inspire les tueurs en série du cinéma, de la télévision. Et comme dans toutes bonne série TV, c’est l’ADN qui a fait tomber le ‘Ripper’. En 2014, les scientifiques ont comparé de l’ADN mitochondrial - qui se transmet par la mère - trouvé sur le châle d’une de ses victimes à celui des descendants d’Aaron Kośmiński.

Pourquoi lui ? Il était déjà l’un des principaux suspects de l’affaire. Un témoin de l’époque l’aurait identifié avant de se rétracter. Kośmiński a donc été relâché faute de preuves. Et Scotland Yard a raté l’occasion de boucler son dossier. Mais l’étude de 2014 était controversée, le châle sortant un peu de nulle part et n’étant pas référencé dans les pièces à conviction recueillies alors par la police londonienne.

La nouvelle étude publiée par l’équipe de Lari Louhelainen et David Miller se focalise cette fois sur un travail phénotypique - ils ont cherché à faire un portrait de Kośmiński - pour le comparer à la seule déclaration de témoin de l’époque considérée comme fiable. Là encore, il y a eu ‘match’. Pour l’équipe de scientifiques, il n’y a aucun doute, le barbier polonais est Jack l’éventreur.

Mystère élucidé ? pas sûr...

Mais si l’équipe de scientifiques accuse un barbier londonien - ce qui pourrait donner à Tim Burton, qui vient de terminer son Dumbo avec Colin Farrell et Eva Green, l’envie de donner une suite à Sweeney Todd - l’affaire n’est pas close pour autant.

En effet, cette seconde étude est elle aussi contestée. Réponse en septembre avec la publication complète du travail fourni rétorquent les auteurs. Le mystère ‘Jack the Ripper’ réserve donc peut-être encore quelques surprises. Affaire à suivre...

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