Les proches de Carlos GHOSN parlent d'une cabale. L'ancien Président Directeur Général de Renault a été arrêté et placé en garde à vue le 19 novembre dernier au Japon. Les motifs avancés par la justice japonaise concernaient principalement de fausses déclarations de revenus entre 2010 et 2015. Le patron français, ayant fait l’objet d’autres inculpations depuis, a demandé à la justice japonaise une clarification des motifs de sa détention.

Comment et pourquoi Carlos a-t-il été arrêté ?

Le 19 novembre 2018 en fin de journée, le jet privé de Nissan, le Gulfstream G650, qui transportait alors Carlos Ghosn, est accueilli à son atterrissage par la police de Tokyo. Alors que l’ancien président des conseils d’administration de Nissan et Mitsubishi était censé se diriger à Yokohama dans le sud de la ville où sont installés les quartiers généraux du géant industriel japonais, Carlos Ghosn voit son trajet détourné par le parquet de Tokyo.

Au motif de dissimulation d’une partie de ses revenus, il est présenté une première fois devant la justice japonaise. Il est notamment soupçonné d’avoir minimisé ses sources de revenus. On parle de près de 38 millions d’euros que le magnat de l’automobile aurait « oublié » de déclarer depuis 2011 jusqu’en 2015.

Abus de biens sociaux

Carlos Ghosn est aussi accusé d’avoir utilisé des biens sociaux financés par une filiale de Nissan au Brésil et au Liban à des fins personnelles.

Et pour ajouter au chapitre des accusations, Carlos Ghosn est aussi poursuivi pour avoir touché des jetons de présence qui avaient été déclarés au nom d’autres administrateurs de Nissan. Toutes ces infractions font qu’il risque une peine allant jusqu’à 15 ans de prison d’après la législation nippone. Et ce même si l’administration française par l’entreprise de Bruno Lemaire, avoue ne pas avoir de trace de fraudes fiscales de la part de Carlos Ghosn.

En effet, dès que ce scandale a éclaté, le ministre de l’économie a demandé un audit du groupe Renault sur les rémunérations de ses dirigeants. Celui-ci a révélé qu’aucune fraude n’a été décelée entre 2017 et 2018. L’audit se poursuit, et en l’absence de toute information compromettante, Carlos Ghosn reste le patron de Renault.

Le « Ghosn-gate »

Mais si en France, tout semble aller au mieux, au Japon une deuxième inculpation s’ajoute à la précédente.

Cette fois, le patron de Renault est mis en examen pour avoir diminué ses revenus de près de 31 millions d’euros entre 2015 et 2018. Nissan, en tant que personne morale, a également porté plainte contre son ancien dirigeant pour « utilisation abusive d’une partie importante des fonds de l’entreprise. » Le cauchemar est loin d’être fini pour Carlos Ghosn.

Les enjeux financiers de cette affaire

Dès l’arrestation de Carlos Ghosn, Nissan n’a pas tardé à réagir.

Et ça s’est fait de manière assez incisive. En effet, Carlos Ghosn a été limogé de sa fonction de Président des conseils d’administration des constructeurs automobiles Nissan et Mitsubishi Motors. Le message est clair. Aucune malversation financière ne saurait être tolérée de la part des géants.

L'avenir de Renault

Mais alors que l’affaire Ghosn secoue le monde de l’économie, surgit la question de l’alliance entre la marque au losange et Nissan et Mitsubishi. Survivra-t-elle à cette épreuve ? Hiroto Saikawa, PDG de Nissan, a affirmé que l’alliance n'était pas en danger. Cependant, des tensions ont éclaté au grand jour chez Nissan depuis le début de ce marathon juridique. Pour le constructeur japonais, il semblerait que Renault, désormais plus petit qu’eux, ne devrait plus avoir à présider à leur destinée. On a d’ailleurs été surpris par les propos violents de Hiroto Saikawa au soir de l’arrestation de son ex-mentor, propos dans lesquels il exprimait sa déception, son désespoir même. Lui qui faisait partie de sa garde rapprochée avant ce coup d’éclat n’a pas hésité à proposer la révocation de Carlos Ghosn.

Derniers rebondissements

Au printemps, Renault a signalé à la justice des paiements suspects, via un distributeur du groupe à Oman. En avril dernier, le parquet japonais a arrêté de nouveau M. Ghosn, au motif que 5 millions de dollars auraient été utilisés par l'homme d'affaires pour son bénéfice personnel. A la fin du mois, Carlos Ghosn était de nouveau inculpé sous le chef d'abus de confiance aggravé. Quelques jours plus tard, il était libéré sous caution avec, entre autres contraintes, l'interdiction de voir son épouse sans autorisation. Sa famille a dénoncé un acharnement judiciaire.

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