Les révélations autour des passe-droits dont aurait profité Alexandre Benalla dans le cadre de ses fonctions à l'Elysée n'en finissent plus d'embarrasser un Exécutif déjà à la peine. Et déjà les médias du monde entier s'accordent, depuis vendredi, pour voir dans cette affaire un potentiel danger pour le président français resté jusqu'ici au-dessus de tout soupçon.

Les images de vidéos montrant le chargé de missions de l'Elysée, Alexandre Benalla, aux prises avec des manifestants lors de la fête du travail du 1er mai dernier ont déjà fait le tour du monde.

Une séquence que le Washington Post qualifie de «choquante», tandis que le quotidien italien La Repubblica estime que les "images ne laissent aucun doute" quant à la violence exprimée par ces actes.

Le collaborateur de Macron est vu entrain de porter des coups à un jeune homme à terre. Mais encore, la complaisance des sanctions prises par le cabinet de l'Elysée jette un pan d'obscurité sur cette affaire. Comme en France où certains clament à un scandale d'Etat, la presse étrangère se méfie d'un feuilleton qui pourrait avoir un sérieux impact sur la suite du quinquennat Macron.

Benalla potentiellement fatal pour Macron

Pour le très célèbre New York Times, le feuilleton politique que traverse Emmanuel Macron est le dernier d'un certain nombre de controverses renforçant chez ses opposants l'idée d'un monarque présidentiel, clairement déconnecté des Français. En Allemagne, le Frankfurter Allgemeine Zeitung souligne même que le président français a rompu sa promesse de mettre face à leurs responsabilités les auteurs de violences lors des manifestations du 1er mai.

Le scandale Benalla est donc dommageable pour la probité de la présidence Macron qui a failli sur son fil conducteur d'exemplarité et de transparence envers l'opinion, selon le Guardian.

Tandis qu'à El Pais, on estime que l'Elysée devrait changer de stratégie, car le silence présidentiel n'aidera pas à calmer la tempête politique qui paralyse le gouvernement depuis quatre jours.

Une affaire éminemment politique

Du côté de la Belgique, le quotidien Le Soir s'interroge, lui, sur le vide médiatique qui a prévalu entre la publication effective des images où on voit M. Benalla frapper un manifestant, et l'instant où il a été identifié. L'affaire n'a vraisemblablement pris une importance médiatique, mais aussi politique, qu'à partir du moment où l'auteur des violences s'est révélé être un proche du président Macron.

La vidéo passée en boucle par les médias depuis trois jours et prise par des passants avait en effet été largement partagée depuis le 1er mai dernier. Deux mois d'attente donc pour qu'elle finisse par emballer l'opinion à l'annonce du fait que l'auteur des coups eût été le "monsieur sécurité" du Chef de l'Etat. La France se serait donc habituée aux scènes de violence venant de la police.

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