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Lors de son déplacement de jeudi en Dordogne sur fond de promotion des services publics, Emmanuel Macron a choisi d'ignorer les médias qui le somment de s'expliquer au plus vite sur les faits révélés par leurs confrères du Monde au sujet d'Alexandre Benalla. Une esquive en guise de réponse, et un malaise de l'Exécutif qui déchaînent la presse et la classe politique depuis trois jours.

La France profitait encore allègrement mardi matin du retour de "l'optimisme" porté par la victoire en Coupe du monde, et voilà qu'a surgi, d'un passé pas si lointain, une affaire délicate pour Emmanuel Macron.

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Un chargé de missions de l'Elysée aperçu, sur des vidéos remontant aux débordements du 1er mai dernier, entrain de s'en prendre très violemment à deux manifestants.

Une attitude choquante qui n'aura valu au principal intéressé que quinze jours de mise à pied et une rétrogradation dans la hiérarchie de l'Elysée comme détaillé par son porte-parole, Roger-Petit, dans une courte allocution jeudi. Et face à ce pain béni tombé de nulle part, l'opposition n'y est pas allé par quatre chemins dans la dénonciation de ce qu'elle juge déjà être une possible affaire d'État.

L'opposition et la presse vent debout

Bien sûr, ce qui interroge la presse, c'est de comprendre pourquoi l'Elysée s'est tant montré complaisant à l'égard de M. Bellana. La sanction de ses actes paraît inappropriée, d'autant qu'on retrouve très rapidement le personnage sur d'autres événements encadrés par la présidence, comme l'hommage national à Simone Veil, là où beaucoup estiment qu'il n'avait simplement plus sa place.

Mais, c'est sans doute la discrétion totale des plus hautes autorités ayant eu connaissance de ce dossier qui indigne le plus l'opposition.

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De nombreuses voix s'élèvent à l'Assemblée pour réclamer des explications de la part du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, mais aussi du premier ministre, Édouard Philippe. Des auditions sont prévues à l'Assemblée lundi matin et au Sénat mardi.

L'exercice du pouvoir directement menacé

Dans les détails du dossier qui avance à grand pas, la police des polices a été saisie, une commission d'enquête parlementaire a été constituée, l'enquête judiciaire suit son cours et Alexandre Benalla est en garde à vue depuis vendredi, pour être entendu.

Une accélération vertigineuse sur fond de crise politique, puisque le licenciement de l'intéressé a aussi été actée au niveau de l'Elysée.

En marge d'un passage au tour de France dans l'après-midi de vendredi, le premier ministre Édouard Philippe a, pour sa part, tenu à rappeler qu'il se tiendra à disposition de toute sollicitation selon les voies légales sur cette épineuse affaire. De quoi promettre de vives tensions à l'Assemblée nationale, alors que devaient se poursuivre les débats autour de la révision constitutionnelle.

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