Aucun doute dans l'esprit de nombreux acteurs du monde politique, l'exécutif est actuellement en panique face au mouvement de grève qui perturbe depuis trois jours les transports. Ce dimanche, Emmanuel Macron réunit ses troupes à l'Elysée avant le lancement d'une semaine décisive sur fond de tensions autour du projet de réforme des retraites porté par Jean Paul Delevoye. La séquence promet de donner le ton pour la suite du quinquennat, même si du côté de certains syndicats comme CGT ou FO, on entend faire plier le gouvernement.

Macron en cause, selon Bertrand

Il faut dire qu'en quelques semaines, le chef de l'Etat aura donné l'impression de se tirer tout seul une balle dans le pied.

C'est en tout cas ce que pense le président de région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, pour qui, l'image du président de la République réformateur qu'Emmanuel Macron a voulu incarner dès le début de son quinquennat, est à présent derrière lui. Dans un entretien au Parisien paru samedi, l'ancien ministre du Travail qualifie même de "catastrophique" la méthode de l'exécutif sur un dossier que tous savent pourtant très sensible.

L'ex-membre des Républicains insiste sur le fait qu'à l'heure actuelle, le locataire de l'Elysée "hésite entre pourrissement et passage en force" sur une réforme qui n'en sera pas une au final. Et pourtant, il fait en parallèle le constat que les Français sont prêts à des mesures courageuses tant que celles-ci reposent sur un projet qu'ils jugent juste.

Sauf que ce dernier ingrédient fait défaut dans un contexte où Emmanuel Macron a semé le trouble par sa tergiversation sur "l'âge pivot" ou la "clause du grand-père", faisant ainsi cas d'école d'amateurisme.

Le flou continue jusqu'à mercredi

Xavier Bertrand n'est d'ailleurs pas le seul à douter de la méthode du gouvernement, puisque François Asselin a depuis peu émis sa part de réserves.

Favorable à un régime universel à points, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) s'étonne du revirement connu depuis l'été et la présentation officielle du rapport Delevoye. Un document technique basé sur dix-huit mois de travaux nourris entre le Haut commissaire et les partenaires sociaux, qui lui avait laissé croire que cette réforme pouvait aller au bout.

Il estime désormais que "ça cafouille" au gouvernement, alors qu'une mobilisation massive a réuni jeudi 806 000 personnes contre le projet, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Certains syndicats sont sur le pied de guerre, et ils ont déjà lancé un appel à de nouvelles manifestations partout en France pour le 10 décembre. C'est la date à laquelle une synthèse sera faite sur les discussions menées jusqu'à présent entre exécutif et partenaires sociaux, avant un grand oral d'Edouard Philippe qui devra préciser mercredi l'architecture de la réforme.

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