C'est avec stupéfaction et indignation que les organisations nationales SNJC (Syndicat National des Journalistes du Cameroun) et CAMASEJ (Association Camerounaise des journalistes d'expression anglophone) ont appris la mort de leur camarade Samuel Ajiekah Abuwe alias "Wazizi" ou encore "Halla Ya Matta". Ce dernier officiait pour le média télévisé Chillen Muzik and Television (CMTV) basé dans la ville de Buea dans la région du Sud-Ouest du Cameroun.

Selon la déclaration conjointe du SNJC et de CAMASEJ datée du 03 juin 2020 (signée de Denis Nkwebo Président National SNJC et de Viban Jude Président National de CAMASEJ), le journaliste Samuel Wazizi a été interpellé le 02 août 2019 et mis aux arrêts par la police de Muea.

Le journaliste de CMTV aurait ensuit été transféré vers une destination pour le moment inconnue. Sa mort tragique serait éventuellement survenue à l'Hôpital Militaire durant cette détention préventive qui aurait été gardée secrète.

Une mort ponctuée de mystères

Face à cette démesure sociétale, ces deux organisations nationales ont annoncées la constitution d'un collectif nommé "Justice For Wazizi". Le collectif face à cette barbarie perpétrée sur leur confrère, s'incline devant cette disparition subite et tragique, et adresse ainsi ses vives condoléances à sa famille nucléaire et à ses proches. La classe politique à l'instar d'Edith Kah Walla (leader du Cameroon People's Party) et d'Anicet Ekane (du Mouvement Africain pour la Nouvelle indépendance et la Démocratie) s'est également exprimée sur ce décès en demandant une enquête approfondie, et que la lumière soit faite sur ce drame.

En outre, le collectif exige qu'une enquête nationale soit effectuée afin d'avoir les véritables sources de ce décès brutal commis par l'armée camerounaise. Il exige en parallèle et dans les brefs délais, que soient communiqué à sa famille et à l'opinion nationale et internationale, le lieu, la date exacte, l'endroit où se trouverait la dépouille de Samuel Wazizi.

Ceci sans pour autant omettre de donner les circonstances exactes de cette mort, ceci au plus tard ce 04 juin 2020 à 18 heures précises heure du Cameroun.

Samuel Wazizi, une mort de trop

Le collectif "Justice for Wazizi" condamne et dénonce avec fermeté, ce comportement revanchard du pouvoir en place et de l'armée camerounaise sur le journaliste.

Il tient par ailleurs à rappeler que cette situation fait face à une violation de la Déclaration Universelle des droits de l'Homme. Cela représente dans les textes, la partie intégrante de la Constitution du Cameroun dans les Articles 3, 5 et 11.

"Contactée par notre organisation, une source de l’hôpital militaire de Yaoundé a affirmé que le corps du journaliste était arrivé lundi à la morgue “sous forte escorte. A indiqué RSF (Reporters Sans Frontières) dans une publication datant du 03 juin 2020. Toujours selon RSF, le journaliste détenu n’avait pas été présenté devant la Haute Cour de Fako, dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, en date du 28 mai 2020.

Cette absence a parallèlement renforcé les soupçons et les inquiétudes de ses avocats.

Ceux-ci craignaient notamment avant l’audience que Samuel Wazizi soit effectivement mort. Par ailleurs, l’examen de cette affaire avait rapidement été ajournée et renvoyée pour le 09 juin 2020. Le collectif pour l'instant scandalisé par le silence des institutions, condamne avec ferveur cette impunité portée à ce journaliste. Il en appelle à tous les journalistes et les professionnels de la communication à agir et à se porter garant pour d'éventuelles mobilisations et futures actions.

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