Il est presque 13 heures à l’Avenue Kennedy, un quartier très réputé de la ville de Yaoundé au Cameroun. Le soleil de plomb s’abat sur la ville pousse les vendeurs à la sauvette à se réfugier dans les immeubles jouxtant l’Institut français de Yaoundé. Malgré cette situation, certains vendeurs continuent à se faufiler entre les véhicules avec des conducteurs très souvent furieux, à cause des embouteillages.

13 ans et vendeuse ambulante

Parmi ces vendeurs ambulants, il y a Christelle, arrivés quelques mois plutôt de Bayangam, un petit village situé dans le département du Koung-Khi, région de l’ouest Cameroun.

Âgée d’à peine 13 ans, la jeune fille a un plateau de papaye pelée sur la tête et dit être à sa deuxième année de vente à la sauvette : « Je suis en classe de 5e. Puisque l’école est finie, je vends pour acheter mes fournitures scolaires à la prochaine rentrée. J’aurais dû arriver un peu plus tôt, puisqu’on a arrêté les classes à cause du Coronavirus », explique-t-elle avec la main posée sur le front, un peu comme pour protéger ses yeux des rayons de soleil perçants.

Christelle ne semble pas particulièrement inquiétée par la Covid-19 qui se propage actuellement au Cameroun avec plus de 8 600 cas confirmés par les autorités sanitaires. « Ce n’est pas un travail facile. Je suis très souvent bousculé par des voitures et les motos.

Parfois quand tu donnes ta marchandise dans la voiture, le conducteur part sans te payer. Il m’est aussi arrivé des situations où ma recette de la journée a été arrachée par des bandits. Mais je dois vendre pour aider mes parents au village. Ainsi, ils payeront uniquement ma pension à la rentrée prochaine », précise Christelle.

Une pratique qui s'installe malgré les efforts du gouvernment

Comme elle, ils sont nombreux à quitter leurs régions natales chaque année, le temps des congés pour effectuer des petits travaux rémunérés ou des petits commerces dans les grandes villes du Cameroun. Des tâches qui les mettent très souvent en dangers.

Pourtant, la loi interdit le travail des enfants avant 14 ans, mais ne contraint les parents à garder leur progéniture à la maison. Le gouvernement camerounais a essayé de remédier à la situation en rendant gratuits les enseignements à l’école primaire.

« Pour les jeunes qui ont droit au travail c’est-à-dire plus de 14 ans, c’est d’abord aux parents d’aider les enfants à faire les choix de leur travail. Il n’y a pas un code strict, mais c’est à la famille et à la société d’évaluer pour voir ce que l’enfant peut faire et les orienter, les conseiller », indiquait Grégoire Owona, le ministre camerounais du Travail et de la sécurité sociale dans une sortie en juin 2018. Un pansement bien maigre qui ne réduit pas pour autant le travail des enfants.

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