Le patrimoine survient sans conteste comme cette frange plurielle de l'art où convergent sensationnel et créativité. Le CIPCA (Centre International pour le Patrimoine Culturel en Afrique), nouvellement situé au quartier Omnisport (derrière le centre des impôts du Centre) à Yaoundé, met en lumière les différentes facettes de ce transfuge de l'art subversif et introverti de la culture au Cameroun.

Afin de célébrer cette nouvelle éclosion, le CIPCA va accueillir lors de son ouverture officielle, l'installation de l'artiste multifonctionnel, Fleury Benjamen Ngamele, ce 18 septembre 2020 à 18 heures.

Une conférence de presse s'est tenue ce vendredi 11 septembre 2020, au nouveau siège du CIPCA, en présence du promoteur de l'espace Fabiola Ayissi Ecot, de l'artiste et de son commissaire d'exposition Martin Anguissa.

Bien connu des milieux culturels camerounais, cet artiste aux accents unilatéraux et dont la substance est quelque peu ragaillardie par son franc-parler et son acuité à déceler le vrai du faux, invite le public à s'immerger dans son univers à travers son installation "Chaînes et Rituels III". Cette installation sera exposée au CIPCA du 18 septembre au 30 octobre 2020.

Chaînes et Rituels III dissèque la société

Rappelons que cette installation qui interroge l'humain a déjà été exposée en 2019 à Douala à la Maison de la Culture, des Arts et de la Danse, puis à la Galerie d'Art Contemporain en début d'année 2020 à Yaoundé.

Cette troisième installation au CIPCA marque une page de l'histoire avec cette permanence qu'on ne retrouve pas dans le milieu. En effet, le commissaire d'exposition en la personne de Martin Anguissa, s'est illustré durant la conférence de presse en insistant sur le fait que cette installation est la seule qui tourne au Cameroun et qui jouit de cette particularité :

"Fleury que je connais bien, a souhaité que le travail reste dans ce contexte de Chaines et Riruels, et a par la suite voulu que ce travail progresse dans son évolution, afin de relever et de pousser son génie jusqu'au bout.

Le CIPCA nous nous offre de nouvelles possibilités de présenter ce travail", a renchéri Martin Anguissa. L'artiste est également poète. Il s'est posé la question de savoir si l'humain est libre ?

Vers une traçabilité de l'art à travers le CIPCA

Par ailleurs, Fleury se considère comme un artiste libre et sans attaches.

"Ce travail a été inspiré d'un fait réel. En me baladant, j'ai remarqué une bouilloire attachée à une caisse de commerce que j'ai trouvé curieux et impressionnant. J'ai ainsi voulu l'exploiter dans ma créativité. Pour cette nouvelle installation au CIPCA, je vais y rajouter des éléments supplémentaires que sont les audios et les sonores.

Dans ce travail, nous avons identifié neuf chaînes (pouvoir, Paix, République...) qui rendent la société prisonnière d'elle-même. C'est le constat de la société que je retranscris à travers cette oeuvre. Pour ma part, je pense que l'art contemporain n'est pas facile à décrypter, je peux même dire que seuls les initiés peuvent se complaire dans ce procédé", a terminé Fleury Ngamele.

Il faut noter que ce centre international est né du désir de contribuer à dynamiser l'approche sur le patrimoine culturel en Afrique, qu'il soit matériel ou immatériel (patrimoine sonore), et de partager avec le plus grand nombre cette ambition.

Cet espace est aussi réservé pour le soutien à la création artistique ancienne et contemporaine. La promotrice a d'ailleurs souligné qu'elle recevra Yvon Ngassam (photographe camerounais de renommée internationale) en résidence, dans les prochains jours. Ce lieu entièrement dédié au patrimoine intègre également la collecte, la sauvegarde et la promotion du patrimoine sonore. On peut également venir assister à des ateliers de formation et des conférences, des enseignements de langues africaines et du "mentoring" pour les jeunes associations.

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