L'US Open 2019 démarre lundi à New York et désigner un grand favori à la succession de Novak Djokovic semble compliqué au vu des résultats de la tournée américaine. Joueur de l’été pour le moment, le Russe Daniil Medvedev pratique un niveau de jeu extraordinaire depuis trois semaines mais manque d'expérience à ce niveau, surtout quand il s'agira de retrouver en face de soi les ogres Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer.

Pourra-t-il continuer sur sa lancée et surprendre les stars du jeu ? Sans compter que les Stefanos Tsitsipas, Karen Khachanov et autre Dominic Thiem ne s'en laisseront pas compter et voudront eux aussi créer la surprise.

Djokovic et Nadal, les deux grands favoris

Les deux hommes se partagent les titres du Grand Chelem depuis Roland-Garros 2018, quatre pour le Serbe (Wimbledon 2018 et 2019, US Open 2018 et Australie 2019) et deux pour l'Espagnol (Roland 2018 et 2019).

Numéro 1 et numéro 2 mondiaux, ils dominent de nouveau la planète Tennis et semblent difficilement battables dans le format des trois sets gagnants. Des doutes subsistent cependant sur leur capacité à aller au bout sur ce tournoi, les raisons n'étant pas les mêmes pour les deux joueurs.

Impressionnant de résilience contre Roger Federer en finale de Wimbledon avec deux balles de match sauvés, Novak Djokovic a de nouveau montré un mental d'acier mais, soyons honnêtes, il n'aurait jamais dû gagner cette rencontre.

Dominé tennistiquement par le Suisse, le Djoker s'en est malgré tout sorti mais on est encore loin du Djokovic stratosphérique des années 2011-2015. Absent à Montréal, le vainqueur de seize tournois du Grand Chelem s'est fait cueillir à en demi-finales à Cincinnati par Daniil Medvedev, signe une nouvelle fois qu'il est prenable. Djokovic reste malgré tout l'homme à battre sur cet US Open, conséquence de son statut de numéro 1 mondial et de sa faculté à se sublimer dans les grands rendez-vous.

La problématique est différente du côté de Rafael Nadal puisque le Majorquin s'est imposé sur le Masters 1000 de Montréal d'une très belle manière, son chef d'oeuvre restant sa finale contre Daniil Medvedev, expédié 6-3, 6-0. Forfait à Cincinnati la semaine suivante pour ne pas trop tirer sur la corde, le taureau de Manacor devrait donc débarquer à New York en pleine possession de ses moyens. Le seul doute le concernant reste sa faculté à absorber sept matches sur une surface dure en à peine deux semaines.

En délicatesse avec ses genoux depuis de nombreuses années, Rafael Nadal semble de plus en plus fragile dès qu'il s'agit de mettre les pieds sur surface rapide. La clé pour lui sera donc de rester en bonne santé tout au long d'une quinzaine qui lui réussit malgré tout très bien puisqu'il ne faut pas oublier que Nadal a tout de même remporté trois fois l'US Open (2010, 2013 et 2017), soit autant que Novak Djokovic, pourtant supposé meilleur joueur sur dur que l'Espagnol.

Federer, le danger numéro un

Troisième joueur à la Race en 2019, Roger Federer réalise à maintenant 38 ans une excellente saison. Demi-finaliste valeureux à Roland-Garros contre l'invincible Rafael Nadal, le Suisse a enchaîné ensuite par un tournoi de Wimbledon plein de maîtrise. Virtuose du gazon en demi-finales contre son bourreau de la terre battue parisienne, Federer a poussé Novak Djokovic très loin dans ses retranchements lors d'une finale d'un niveau exceptionnel.

Se procurant deux balles de match mais incapable d'enfoncer le clou, Federer a dû céder dans le tie-beak du cinquième set - nouvelle formule, 13-12 - mais a de nouveau montré qu'il était capable de remporter un 21ème tournoi du Grand Chelem, ce qui fait donc de lui un prétendant sérieux au dernier Majeur de la saison. Absent à Montréal comme Novak Djokovic, Roger Federer s'est fait sortir en huitièmes de finale par Andrey Rublev, joueur très en forme actuellement et dont l'agressivité dans le jeu a mis à mal la défense du vétéran Federer.

Très à l'aise normalement à Cincinnati, le Maestro n'a pas donc pu engendrer autant de confiance et de rythme que voulu, mais une chose est sûre : aucun ne voudra croiser son chemin sur ce tournoi qui l'a vu soulever la coupe à cinq reprises.

Une meute de prétendants aux dents longues

Derrière ces trois favoris logiques et incontournables, une multitude d’outsiders sont à répertorier. Le premier d’entre eux est le Russe Daniil Medvedev. Finaliste à Washington et à Montréal – battu respectivement par Nick Kyrgios et Rafael Nadal -, le joueur d’1m98 a réussi à enchaîner une troisième semaine consécutive de très haut niveau afin de remporter le plus grand titre de sa carrière à Cincinnati.

Impeccable durant tout le tournoi et tombeur de Novak Djokovic, Medvedev a fait plus que confirmer son excellent début de saison, ce qui l’a fait atteindre le cinquième rang mondial. Contreur hors-pair et doté d’un service de plus en plus performant, il va cependant peut-être manquer de l’expérience à Medvedev, 23 ans seulement et qui n’a atteint qu’une seule fois la deuxième semaine d’un tournoi du Grand Chelem.

Dominic Thiem sera également à suivre sur cette quinzaine new-yorkaise. Éliminé l’an dernier en quarts de finale par Rafael Nadal à l’issue d’un match complètement dingue de 4h49’ (0-6, 6-4, 7-5, 6-7, 7-6), l’Autrichien est en progression sur dur et semble petit à petit prendre la mesure de cette surface.

Forfait à Cincinnati pour cause de fièvre, Thiem avait été corrigé la semaine précédente en quarts de finale à Montréal par Daniil Medvedev (6-3, 6-1).

Véritablement révélé au grand public lors de sa défaite épique contre Rafael Nadal l’an dernier en 16ème de finale de l’US Open, Karen Khachanov a bien grandi depuis. Vainqueur de son premier Masters 1000 à Paris deux mois plus tard, le Russe confirme son immense potentiel cette saison, malgré un début d’année difficile. Actuel numéro 9 mondial, celui qui rappelle un certain Marat Safin vient de faire une demi-finale à Montréal et pourrait bien embêter les cadors une nouvelle fois.

Demi-finaliste en début de saison à l’Open d’Australie, Stefanos Tsitsipas est branché sur courant alternatif depuis maintenant quelques semaines, enchaînant bons parcours et défaites précoces dans les tournois qu’il a disputés – demi à Washington mais éliminations au premier tour à Montréal et Cincinnati -. En course pour disputer son premier Masters de Londres, le Grec a tout intérêt à performer à New York s’il veut garder sa place parmi les huit meilleurs joueurs de l’année.

Les autres hommes à suivre seront le Belge David Goffin, récent finaliste à Cincinnati, le Japonais Kei Nishikori, finaliste de l’US Open 2014, l’Espagnol Roberto Bautista Agut, demi-finaliste à Wimbledon début juillet et le Canadien Félix Auger-Aliassime, prodige de 19 ans et révélation de la saison 2019.

Que serait enfin un tournoi du Grand Chelem sans ces fameux poils à gratter, ces joueurs imprévisibles que l’on pense incapable d’aller au bout sur le tournoi que l'on évoque mais qui peuvent, sur deux semaines, se montrer quasiment injouables ? Dans cette catégorie de joueurs se trouvent l’Australien Nick Kyrgios, vainqueur à Washington début août, le Suisse Stan Wawrinka, pas encore à son meilleur niveau après sa blessure mais vainqueur 2016 de l’US Open, Fabio Fognini, qui réalise la meilleure saison de sa carrière, et Gaël Monfils, souvent blessé mais très performant lorsqu’il ne l’est pas.

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