Il n'y aura finalement pas de second tour. Hier dimanche, Laurent Wauquiez a été élu président du parti Les Républicains avec plus de 74% des voix. Après avoir mené une campagne que beaucoup ont considéré trop à droite, il était le grand favori de cette élection. Les thématiques mises en avant par le candidat pouvaient en effet choquer la frange centriste de son électorat : immigration, insécurité, chasse à la fraude sociale,... Sur certains points, ses propositions sont même identiques à celles du Front National.

Pour Le Figaro, après une campagne "qui n'aura guère passionné les foules ni même les militants", Laurent Wauquiez a "écrasé ses deux challengers, Florence Portelli et Maël de Calan".

La première, proche de François Fillon, a recueilli un peu plus de 16% des suffrages, et a immédiatement vu s'éloigner l'hypothèse du second tour qu'elle espérait provoquer. Quant au second, soutenu ces derniers jours par Alain Juppé, il a frôlé la barre des 10% des voix qu'il souhaitait atteindre (9,25%).

Une participation satisfaisante

Le taux de participation à l'élection s'est élevé à 42,5%. Moins d'un militant LR sur deux a donc pris part au vote. Sur les 234.556 adhérents à jour de cotisation, ils ont été 99.597 à avoir fait un choix entre les trois candidats. Pour la direction du parti, un scrutin avec moins de 100.000 votants aurait été un échec. Les Républicains ont donc presque atteint leur objectif et peuvent se montrer satisfaits. Après les nombreuses élections qui se sont déroulées en 2017, ils craignaient un désavoeu de la part des militants, et n'attendaient qu'entre 50.000 et 80.000 participants.

Pour certains observateurs, l'élection a toutefois été traitée au second plan par les médias, qui ont longuement développé sur les décès de Jean d'Ormesson et Johnny Hallyday cette semaine.

Laurent Wauquiez gêne-t-il ?

Immédiatement après l'annonce de sa victoire, Laurent Wauquiez a nommé Virginie Calmels, ancienne proche d'Alain Juppé, au poste de vice-présidente des Républicains. La désignation de cette ex chef d'entreprise sonne comme un signal envoyé aux grands pontes du parti, dont certains ne voient pas l'arrivée de Laurent Wauquiez d'un très bon oeil. Selon des militants interrogés par Libération, ce dernier a su attirer les voix de la France rurale et provinciale, à qui il s'est prioritairement adressé pendant sa campagne, délaissant quelque peu "la France des grands centres urbains et les bobos".

A la proclamation des résultats par la Haute Autorité indépendante en charge de l'organisation de l'élection, la candidate fillonniste Florence Portelli a d'ailleurs déclaré qu'elle ne souhaitait pas prendre part aux futurs instances dirigeantes, car elle ignorait où Laurent Wauquiez souhaitait "mener le parti". De son côté, Maël de Calan a insisté sur le refus catégorique de voir son mouvement s'allier avec le Front National, comme plusieurs rumeurs le laissaient entendre il y a quelques semaines.

Au sommet de l'Etat, il se murmure qu'Emmanuel Macron considère le nouveau leader des Républicains comme un adversaire potentiellement dangereux. Selon le journal Les Echos, qui a interrogé un proche de l'Elysée, le président de la République se rassure cependant en pensant que les valeurs d'ultra droite prônées par Laurent Wauquiez pendant sa campagne "ont été balayées aux dernières élections", notamment par la défaite de Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle en Mai dernier.

Enfin, on notera le silence de trois ténors LR qui n'ont pas présenté leurs félicitations à leur nouveau président : Valérie Pécresse, Xavier Bertrand et Christian Estrosi.