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Après des mois de préparation, le Gouvernement a présenté ce mercredi à la sortie du conseil des ministres son ambitieux et très attendu projet de réforme Asile et immigration.

Il faut dire que la manœuvre vise concrètement à apporter une réponse efficace au problème des migrants en France. Et si par moment le sujet peut s'avérer délicat et même électrique, le Gouvernement ne compte pas reculer. Un processus d'obtention de l'asile plus court avec un traitement des dossiers ramené à six mois contre quatorze actuellement, un retour effectif des déboutés vers leur pays d'origine quand cela est possible, une meilleure prise en charge des personnes vouées à être intégrées, les mesures se veulent fortes pour accompagner l'Exécutif dans sa démarche.

Une volonté qui devra maintenant trouver un point d'entente au cœur d'une Assemblée nationale partagée.

Le Gouvernement espère trouver un point d'équilibre

En intégrant à son projet de loi de nombreux éléments du rapport rendu par le député LREM, Aurélien Taché, le Gouvernement a décidé de jouer la carte de l'apaisement dans son propre camp. En effet, des lignes de tensions étaient ressenties depuis un moment entre les députés du parti présidentiel. Mais pour autant, pas question de lâcher l'affaire. L'Exécutif entend évidemment apporter des notes de douceur dans une réforme qui se veut largement efficace.

Une volonté affichée donc d'aller jusqu'au bout de son action comme promis par Emmanuel Macron [VIDEO], mais aussi le souci de garder intact le ciment de la majorité présidentielle. De la pédagogie donc, c'est dans cet esprit que Gérard Collomb a abordé le sujet avec les parlementaires.

Et bien sûr, le ministre de l'Intérieur n'a pas l'intention de freiner. Le projet a dès à présent six semaines pour être enrichi en sessions parlementaires, c'est ce qu'a promis Sacha Houlié, député LREM et soutien de la première heure du président de la République [VIDEO].

À gauche comme à droite, on dénonce déjà

Inhumain, c'est ainsi que la gauche et de nombreuses associations des droits de l'homme tentent de décrire depuis plusieurs semaines le projet en gestation voulu par Emmanuel Macron. Un texte trop dur et principalement axé sur des mesures de répression des migrants, qui selon certains politiques socialistes comme Benoît Hamon, contribuera à déchaîner davantage les passions plutôt qu'à résoudre le problème de fond.

Du côté de la droite, on trouve les propositions trop molles ou pas assez fermes pour lutter contre ce que certains responsables LR estiment être un danger pour la société française. Le discours qui est brandi soutient bien sûr le fait que la France est à l'heure actuelle incapable d'apporter des solutions viables aux migrants économiques alors qu'elle traverse son lot de crises. Un constat rejeté en bloc par les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon.