L'Elysée a annoncé ce mercredi matin que le remaniement gouvernemental tant attendu depuis une semaine devrait patienter au plus tôt jusqu'à vendredi. La situation déjà décriée par les oppositions de tout bord a le don de remettre une pièce dans la machine de la contestation, bien heureuse de surfer sur les déboires de l'Exécutif depuis une semaine.

Il faudra donc patienter encore quelques jours pour voir le bout du feuilleton. Emmanuel Macron et Edouard Philippe n'ont pas réussi à dégager une monture crédible du nouveau gouvernement avant le conseil des ministres de ce mercredi, comme promis la semaine dernière.

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Seule certitude, le gouvernement, qui ne sera finalement que remanié, enregistrera des évolutions au-delà du seul ministère de l'Intérieur délaissé par Gérard Collomb retourné à Lyon.

Quelques refus essuyés

L'hypothèse d'un gouvernement Philippe III, un an et demi après celui qui avait vu la sortie de François Bayrou, semble désormais bien loin. Et pourtant, jusqu'à leur entretien d'une heure et demie à l'Elysée hier mardi, le président de la République et son Premier ministre avait laissé planer le doute sur cette éventualité.

L'option aurait pris du plomb dans l'aile avec le refus appuyé de cinq personnalités approchées pour une possible entrée au gouvernement.

Image d'un certain manque d'attractivité de la machine gouvernementale en cette période difficile, le président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, Mathieu Klein, a assuré sur Twitter qu'il ne fera pas partie du prochain gouvernement. Le proche du désormais candidat à la mairie de Barcelone, Manuel Valls, n'a toutefois pas manqué de souligner sa volonté certaine de voir l'Exécutif compléter ses équipes pour mener à bien son action.

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Un casting à ne pas louper

Dans l'opposition, on crie déjà à la déconfiture de la macronie. Chez les Républicains, les députés Christian Jacob et Eric Ciotti en appellent à la fin de la mascarade autour du remaniement ; tandis que, côté Insoumis, on estime être en face d'un essoufflement de la politique d'Emmanuel Macron. Pour sûr, La République En Marche manque de poids lourds politiques pour répondre à la forte demande désormais exprimée par le Chef de l'Etat.

C'est donc une opération critique à laquelle doivent se livrer le président de la République et son Premier ministre.

En effet, ils le savent, la moindre erreur de casting pourrait s'avérer préjudiciable pour la suite du quinquennat. Certains évoquent une possible promotion de Christophe Castaner au ministère de l'Intérieur, tandis que d'autres comme Françoise Nyssen et Jacques Mézard pourraient être débarqués. La réponse est en tout cas très attendue dès vendredi.