Quatre mois après son audition devant la commission d'enquête du Sénat, Alexandre Benalla était de retour ce lundi devant les parlementaires de la Chambre Haute. L'ex-collaborateur de l'Elysée était notamment convié à s'expliquer sur le fait qu'il continuait de tenir en sa possession, malgré son licenciement, un téléphone crypté du cabinet et des passeports diplomatiques.

Il faut dire que depuis les révélations du passage d'Alexandre Benalla au Tchad trois semaines avant le chef de l'Etat, l'affaire autour de l'ex-chargé de missions est repartie de plein pied !

Les sénateurs espéraient à cet effet obtenir des éléments pour comprendre ce qui a bien pu dysfonctionner autour de celui que la presse surnomme avec humour le "Monsieur Sécurité" de Macron.

Des passeports restitués par l'Elysée

Mais, d'entrée de jeu et alors que la polémique enfle depuis plusieurs jours autour de ses multiples utilisations de passeports diplomatiques, le jeune homme de 26 ans a assuré aux sénateurs qu'il n'avait pas menti devant la représentation nationale le 19 septembre dernier !

Et comme face à la presse, il insiste sur le fait qu'il se les ait vus restituer au tout début du mois d'octobre 2018.

L'ancien agent de la sécurité indique d'ailleurs qu'on lui aurait fait savoir à ce moment que les passeports n'étaient pas désactivés. Sa seule faute, a-t-il ensuite reconnu, c'est d'en avoir fait usage, mais rien d'autre. Toutefois, sur les conditions d'obtention de ces derniers, Alexandre Benalla botte en touche : il ne répondra qu'aux magistrats, même s'il concède que tout était en règle.

Quant au téléphone sécurisé, Alexandre Benalla assure qu'aucune réclamation ne lui a été faite par les services de la présidence et qu'il n'a d'ailleurs pris conscience de la présence de celui-ci chez lui qu'en décembre dernier.

Les points qui troublent

Concernant son voyage au Tchad, l'ex-collaborateur de l'Elysée assure n'avoir réalisé aucune mission pour le compte de la présidence depuis son licenciement en août 2018 !

Pas de fantasme à nourrir donc autour d'un possible personnage de l'ombre, tout comme aucune rencontre avec l'homme d'affaires russe Iskandar Makhmudov, en contrat avec son ancien instructeur Vincent Crase.

Pour l'arme aperçue sur un selfie datant de 2017, Alexandre Benalla a assuré l'avoir acquise dans les règles de son propre chef. Actant ensuite son droit à ne pas s'auto-incriminer, il a indiqué devant les sénateurs que l'identité de ses employeurs ne regardait que lui et personne d'autre.

Une attitude qui n'a pas été du goût du président de la Commission Philippe Bas qui s'est indigné que l'intéressé se réfugie derrière la justice pour ne pas avoir à répondre aux questions. Toutefois, ce dernier a rappelé ne détenir aucun secret et ne plus être en contact avec un personnel de l'Elysée depuis le 24 décembre.

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