Publicité
Publicité

Deux procureurs ont tenté de perquisitionner les locaux de Mediapart lundi matin. Une opération éclair à laquelle les responsables du site d'information ont refusé de se soumettre. Ils estiment que l'enquête ouverte par le parquet sur fond d'atteinte à la vie privée d'Alexandre Benalla pourrait venir compromettre l'identité des sources du média.

Il faut dire que le théâtre qui a pris place durant quelques minutes au numéro 8 du passage Brulon au 12e arrondissement de Paris était pour le moins peu inédit. Pas question en tout cas de baisser la garde, du côté des journalistes de la plateforme en ligne où on considère, sans réserve, que l'événement est une tentative délibérée pour stopper la révélation d'éléments préjudiciables à l'exécutif.

Publicité

D'ailleurs, la séquence digne d'un coup de sang à la Jean-Luc Mélenchon n'aura pas vraiment perdu de temps pour faire les gros choux des réseaux sociaux avec un partage particulièrement suivi sur le compte Twitter du site.

Ce qui est reproché à Mediapart

Mais pour comprendre l'affaire, il faut remonter au jeudi 31 janvier, jour de la publication par Mediapart d'enregistrements audio de conversations de l'ancien chargé de missions de l'Elysée. Sur un extrait qualifié de "fanfaronnades" par le sénateur LR de la Manche Philippe Bas, on peut distinctement entendre celui qui a été licencié l'été dernier se vanter du soutien d'Emmanuel Macron.

Trois jours plus tard, voici donc la justice qui se saisit du sujet comme confirmé au Monde par une source judiciaire.

Publicité

Concrètement, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur des chefs d'accusations d'atteinte à la vie privée et de détention illicite de dispositifs susceptibles de réaliser l'interception de conversations. Des faits dans lesquels le coauteur de l'article sur les révélations, Fabrice Arfi, assure ne pas se retrouver, notant que c’est la toute première fois dans son histoire que Mediapart était visé par une perquisition.

Une volonté d'étouffer d'affaire Benalla

Prenant acte du fait qu'il s'agissait d'une enquête préliminaire, le représentant du site en l'absence d'Edwy Plenel s'est arrogé le droit de refuser la perquisition. Le procureur n’a, lui, pas exclu de revenir avec cette fois-ci un mandat du juge des libertés et des détentions, afin de rendre la perquisition coercitive.

Publicité

Pour sûr, la situation a quelque peu troublé le personnel de Mediapart, qui avait reçu vendredi une réquisition afin d'accéder aux enregistrements de Monsieur Benalla révélés jeudi. Certains se disent aujourd'hui surpris que les enquêteurs aient semblé plus intéressés par leur travail que par le viol du contrôle judiciaire de celui qui avait obligation de ne pas contacter Vincent Case. Quant à Edwy Plenel, il assure qu'il s'agit bien là d'une manoeuvre de l'Elysée pour étouffer une affaire qu'il considère depuis des mois être une affaire d'Etat.