Dans un entretien à la télévision italienne, Monsieur Chalençon a assuré que des paramilitaires se tenaient "prêts à intervenir" pour "faire tomber le pouvoir". Une allégation qui n'a pas été du goût de Christophe Castaner, alors que les Gilets jaunes ouvrent leur quatorzième semaine de manifestations en France. Le ministre de l'Intérieur s'est ainsi interrogé quant à savoir s'il s'agissait d'une comédie à l'italienne ou d'un nouveau délire personnel de la figure du mouvement.

Il faut dire qu'alors que les tensions commencent à s'estomper à la faveur du Grand débat national, l'exécutif n'avait pas besoin de voir une telle polémique surgir dans le débat public.

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Locataire de la place Beauvau, le fidèle d'Emmanuel Macron a donc tenu à rapidement réagir, empruntant un ton ironique, afin d'éviter que des fantasmes ne puissent être nourris autour de l'idée.

En effet, l'affaire n'est pas toute simple, d'autant plus que la proximité entre le leader des Gilets jaunes du Vaucluse et Luigi Di Maio est désormais affichée sur de nombreuses chaînes de télévision françaises et italiennes. Les deux hommes s'étaient d'ailleurs rencontrés le 5 février dernier, sur fond d'un ardent soutien affiché au mouvement par le tout jeune vice-premier ministre italien.

Une séquence prise en off

C'est même pour parler de ses liens avec le leader du mouvement 5 étoiles que Christophe Chalençon était, jeudi soir, l'invité de l'émission politique italienne Piazzapulita. A la fin de son intervention sur le plateau télévisé et alors que les caméras continuent de tourner, l'ancien candidat malheureux aux législatives de 2017 va avancer des paroles pour le moins déconcertantes.

Se sentant menacé par le pouvoir, il assure notamment qu'il ira "au bout de ses convictions".

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Il note d'ailleurs que s'il venait à recevoir une balle dans la tête, Emmanuel Macron passerait à la guillotine. Une formule qui ramène aisément à la révolution française que le Gilet jaune espère de tout coeur pouvoir revivre. Plus surprenant, c'est sa référence à "des paramilitaires qui compteraient dans les rangs du mouvement et qui se tiendraient prêts pour "faire tomber le pouvoir"".

Menaces de soulèvement national

Et si le bonhomme n'en est pas sa première menace d'un renversement du pouvoir, il a tenu à modérer ses propos vendredi, alors qu'il était cette fois-ci l'invité d'Europe 1 ! Il assure ne jamais avoir porté de menaces en direction d'Emmanuel Macron, mais redit avoir tout simplement voulu avertir l'exécutif sur les risques bien réels d'une guerre civile qu'il estime désormais "inévitable".

Alors qu'il appelait les militaires à entrer en jeu pour permettre l'éviction du gouvernement, il se pose aujourd'hui comme celui qui les tient à bout de bras pour ne pas les voir basculer. Les propos de ce genre semblent en tout cas récurrents chez certains Gilets jaunes, comme avec une autre figure du mouvement, Maxime Nicolle (alias Fly Rider) qui prédisait le 2 janvier dernier un soulèvement national au son des armes. Des prises de positions qui n'ont pas manqué de faire réagir dans la classe politique où on dénonce une escalade.

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