Le soutien dont bénéficient les Gilets jaunes depuis quatorze semaines semble en passe de se retourner. En effet, d'après une enquête menée par l'Institut Elabe pour BFMTV, une majorité de Français (56%) souhaite désormais que le mouvement prenne fin. C'est un bond de 11 points en un mois qui dénote d'un ras-le-bol pour la première fois depuis le début des manifestations.

Ils sont à présent 31%, soit 7 points de plus depuis le dernier sondage, à se dire hostile au mouvement, faisant ainsi retomber la "sympathie" des Français pour les Gilets jaunes à 58%.

C'est une chute de 5 points en tout juste deux semaines, et de neuf depuis le mois de janvier, alors que dans le même temps Emmanuel Macron a vu sa côte de popularité bondir de 10 points en deux mois.

A côté, près de 13% des Français (-3 points) affirment être eux-mêmes des Gilets jaunes, avec à l'intérieur de cette population 47% (-5 points) des personnes qui assurent qu'ils continuent à apporter tout leur soutien aux revendications et aux actions du mouvement. Des chiffres qui laissent envisager que la mobilisation des samedis est partie pour durer jusqu'à la fin du Grand débat.

Une majorité de Français ne se reconnaissent plus dans la mobilisation

Toutefois, 64% des personnes interrogées par l'Institut Elabe dans le cadre cette enquête estiment que les manifestations qui tiennent à répétition le samedi sont à présent bien éloignées des revendications portées au tout début du mouvement ! C'est pour l'essentiel des gens la raison qui les pousse à délaisser petit à petit la mobilisation, alors que 36% affirment encore le contraire.

Pour Bernard Sananès, directeur de l'Institut, le soutien que le mouvement continue à afficher tient compte des revendications initiatives des Gilets jaunes, avec des demandes sur le pouvoir d'achat, l'impôt, ou encore la justice sociale. Il estime toutefois qu'il existe un décalage pour deux Français sur trois entre les réclamations faites sur les ronds-points et les manifestations du samedi.

Une image qui se dégrade

Selon le fondateur du "Mouvement alternatif citoyen" Hayk Shahinyan, les images de violences qui n'arrêtent pas de passer en boucle chaque samedi sur les chaînes d'informations ont fini d'entamer l'enthousiasme des citoyens.

S'il dénonce les exactions commises lors des manifestations, il pointe du doigt le focus mis sur les violences comme principale cause du recul de la sympathie du mouvement.

Autre source de crispation, les liens quelques fois établis entre les gilets jaunes et l'antisémitisme. Les nombreux acteurs de la mobilisation s'insurgent contre cette image qui donnerait l'impression que les Gilets jaunes seraient infiltrés par un nombre conséquent d'antisémites. Ils rappellent qu'ils ont toutefois condamnées avec force des actes qui ont pu être posés en ce sens comme la "quenelle".

Les commerçants ulcérés

De plus, pour comprendre le retournement de l'opinion qui s'opère depuis le début de l'année, il faut chercher la part de colère des commerçants fortement impactés par les violences à répétition de casseurs tous les samedis. Selon l'Insee, les perturbations engendrées par le mouvement seraient à l'origine de la perte de 0,1 point de PIB pour la France, tandis que la Banque de France l'estime à 0,2.

En signe d'avertissement aux autorités, le président de la branche café-bars du GNI-Syndhorcat, Marcel Benezet, a assuré sur BFMTV que les commerçants sont aujourd'hui "rouge écarlate" ! Une alerte sur laquelle embraye la Confédération des petites et moyennes entreprises qui pointe une situation catastrophique pour des milliers de commerçants, avec près de 70.000 personnes qui seraient en "activité partielle" dans un peu plus de "5000 établissements".

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