Alors que le Grand débat continue de battre son plein, Edouard Philippe était mercredi soir sur le plateau de « La Grande explication » de RTL, Le Figaro et LCI. Pendant plus de deux heures d'échanges passionnés sur de tous les sujets, le Premier ministre a fait face à dix citoyens venus d'horizons divers, dont la Gilet jaune Ingrid Levavasseur qui aspirait à un temps à un mandat européen.

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Il faut dire qu'après s'être longtemps tenu dans l'ombre d'Emmanuel Macron, Edouard Philippe a enfin décidé de descendre dans l'arène. Et si les regards restent majoritairement pointés en direction du président de la République depuis le lancement du Grand débat national, son Premier ministre entendait, lui aussi, défendre à sa manière les nombreuses initiatives portées par l'exécutif.

Dans l'ensemble, l'exercice a donné lieu à un débat intense porté sur un assez grand nombre de thèmes, et où les interpellations ont souvent été vives de la part de Français venus tirer les oreilles du chef du gouvernement.

"Nous faisons le choix du travail" : Edouard Philippe
"Nous faisons le choix du travail" : Edouard Philippe

Des citoyens qui ont fait le témoignage des difficultés auxquelles ils font face au quotidien, tout en suggérant un certain nombre de pistes afin de changer la donne.

Une défiance des institutions qui agace

Tout d'abord invité à réagir sur la nomination d'Alain Juppé au Conseil constitutionnel, Edouard Philippe s'est réjoui d'une bonne nouvelle pour la République. Le locataire de Matignon devra d'ailleurs essuyer, durant une bonne partie du débat, les critiques autour des avantages des anciens présidents et premiers ministres : des coûts qui peuvent choquer, mais pour lesquels l'ancien maire du Havre assure que des évolutions ont été constatées depuis 2017.

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A côté, c'est la question du référendum d'initiative citoyenne qui a vraiment reçu l'hostilité la plus nette du chef du gouvernement. S'il assure qu'il s'agit d'un bon outil de démocratie, il a rappelé sa volonté de le voir bien encadré. Hors de question donc de parler de tout, et plus encore de remettre en cause la démocratie représentative à laquelle il souscrit. Toutefois, l'ancien LR se dit favorable à un aménagement des conditions d'accès au référendum d'initiative partagée. La porte est donc ouverte à la révision des quotas de 180 parlementaires et de 4,5 millions de citoyens nécessaires à déclencher le processus.

Pas d'augmentations de taxes en vue

Quant aux nombreuses interrogations qui persistent sur un éventuel retour des augmentations de la fameuse « taxe carbone », Edouard Philippe s'est dit sceptique ! Si de nombreux députés plaident depuis plusieurs jours à une remise en place de la mesure dès 2020, le chef de la majorité estime que la sortie de la crise des Gilets jaunes ne pourra se faire sur une hausse de la fiscalité.

Une argumentation qui va dans le sens des déclarations du chef de l'Etat en Conseil des ministres.

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Bien sûr, l'exécutif attend qu'à l'occasion du Grand débat des propositions concrètes soient posées sur la question de la fiscalité et des services publics. A noter par la suite la fin de non-recevoir adressée à la Gilet jaune Ingrid Levavasseur, ex-tête de liste aux européennes. L'aide-soignante de 31 ans réclamait l'arrêt des procédures judiciaires ouvertes contre les manifestants interpellés depuis trois mois. Une requête pour laquelle le Premier ministre a affiché sa désapprobation.

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80km/h : pas de rétropédalage, mais des aménagements

En revanche, Edouard Philippe n'a pas hésité à sortir les muscles pour défendre sa très impopulaire mesure des 80km/h. Il a rappelé avec force avoir mis en oeuvre cette politique en vue de rectifier le tir sur les mauvais chiffres affichés par la sécurité routière. Pas question donc de se laisser entendre dire qu'il s'agirait de sa réforme, et qu'au fond, elle ne viserait qu'à "embêter".

Indiquant que le nombre de morts sur les routes avait atteint son niveau le plus bas en 2018, le chef du gouvernement a toutefois répondu qu'il était ouvert aux suggestions, tant qu'elles restent à la mesure des ambitions. Bien sûr, l'élu de droite s'est également fait interpeller sur les petites phrases d'Emmanuel Macron. Et si le chef de l'Etat avait tenté à cet égard un mea culpa, le locataire de Matignon s'en est totalement dissocié. Il s'est attaché à rappeler qu'il essayait de son côté de toujours de faire très attention à sa façon de s'exprimer pour éviter qu'une phrase prononcée dans un contexte puisse être mal interprétée.

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