Gérard Collomb était jeudi l'invité de la matinale d'Europe 1. L'occasion pour le très influent maire de Lyon d'annoncer son indéfectible soutien à la liste Renaissance amenée par Nathalie Loiseau dans la course aux européennes du 26 mai prochain. L’ancien ministre de l’Intérieur a ainsi noté qu'il s'agissait d'une réponse à un appel d'Emmanuel Macron, alors que la campagne des Marcheurs affiche quelques difficultés à prendre son envol.

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Le vieux macroniste en a toutefois profité pour distiller des conseils à son protégé.

Il faut dire que la tension ne semble pas encore totalement retombée entre l'édile lyonnais et le chef de l'Etat. Depuis son fracassant départ du gouvernement en octobre 2018 dans la foulée des rebondissements de l'affaire Benalla, le fidèle parmi les fidèles s'était peu exprimé sur sa relation avec le chef de l'Etat. Une situation avec laquelle il a souhaité rompre en se confiant au micro d'Europe 1. Loin des problématiques qui ont amené les deux hommes à se séparer, l'ancien socialiste se dit ouvert au dialogue.

Européennes : Gérard Collomb apporte son soutien à la liste des Marcheurs
Européennes : Gérard Collomb apporte son soutien à la liste des Marcheurs

La vieille garde appelée en renfort

Lui qui a fait vivre des semaines compliquées à l'exécutif avant d'annoncer son départ, indique désormais son espoir de voir Emmanuel Macron refaire plus souvent appel à lui pour l'avenir. Car jusqu'à présent, Gérard Collomb rappelle que le courant n'était plus vraiment passé avec le président de la République. Il n'hésite d'ailleurs pas à se poser en homme des choix difficiles, puisqu'il est sollicité par des temps peu favorables au gouvernement et à la majorité !

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A noter tout de même qu'il n'est pas le seul dans ce cas de figure.

Ce sont en effet toutes les forces vives de macronie qui sortent les unes après les autres de leur sommeil pour renouveler leur confiance à la politique menée par le chef de l'Etat. Daniel Cohn-Bendit, François Bayrou et même Jean-Pierre Raffarin, sont, eux aussi, montés au créneau cette semaine pour marquer une présence active de la vieille garde sur le terrain. Un retour en lumière qui vise à redonner de la marge à la liste des Marcheurs donnée au coude-à-coude avec le Rassemblement national de Marine Le Pen.

Mieux écouter "la réalité de la France"

Mais pour le politicien de 71 ans, ce retour à minima se fera comme à son habitude sans filtre, car il estime son devoir de dire les choses comme cela a pu être le cas par le passé. Pour le maire de Lyon, aucun doute que le mouvement porté par les Gilets jaunes est venu donner à Emmanuel Macron de comprendre que la France était beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Il souligne même avec bienveillance que l'épouse du Président, Brigitte Macron, était, elle, plus au fait des réalités, puisqu'elle allait plus au contact des citoyens.

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Un petit tacle ironique à son champion dont il déplore qu'il n'a pas tout de suite pris en compte le désespoir qui mine la France périphérique. Quant aux raisons qui l'ont poussé vers la sortie du gouvernement, l’édile lyonnais reconnaît que l’affaire Benalla a pu jouer un rôle, mais que d’autres distensions avaient pesé leur poids dans la balance. L’ancien ministre d'Etat a invité au passage son successeur à se mettre en position d'être "inattaquable", car sa volonté de voir le quinquennat prospérer est plus forte que tout.

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