Lundi, le parquet de Paris a indiqué avoir procédé la semaine dernière à l'ouverture d'une enquête préliminaire pour des faits de "violences volontaires aggravées", mais aussi de "mise en danger de la vie d’autrui". Dans le viseur, on retrouve un homme inconnu des services de police, et sur lequel certaines investigations en cours. Il lui est notamment reproché des prélèvements sanguins qui auraient ainsi été menés sur plusieurs gilets jaunes lors des mobilisations du samedi depuis quelques semaines maintenant.

A la base, l'objectif aurait été de déterminer si une longue exposition aux gaz lacrymogènes avait la possibilité de causer une intoxication au cyanure pour les personnes qui se rendent fréquemment sur les lieux de manifestations. C'est en tout cas ce qu'assure Renaud Fiévet, l'homme qui est mis en cause dans cette affaire pour le moins polémique. Il s'affiche comme étant un médecin anesthésiste venu de la Belgique, et reconnaît jusque-là avoir organisé des prises de sang sur une bonne quinzaine de personnes.

Des prélèvements autorisés si la personne donne son accord

Les faits ne se seront déroulés, selon lui, qu'à l'occasion des rassemblements à Paris entre le 20 avril et le 1er mai dernier. Il témoigne que les prélèvements ont été menés dans le strict respect des protocoles valables en la matière, et cela avec le concours d'un binôme de médecins accompagnés par un docteur en biologie. A chaque fois, des ordonnances ont même été délivrées aux personnes concernées, et ces dernières auraient d'ailleurs eu à signer un consentement écrit.

Du côté de l’Ordre des médecins, on trouve que ce type de prélèvements ne présente d'une manière générale aucun caractère litigieux dans la mesure où ceux-ci ont été effectués par un professionnel pleinement reconnu et qualifié. On y note également que si les individus prélevés ont apporté leur consentement à la procédure ayant la parfaite connaissance des motifs pour lesquels cela avait cours, il n'y a là point de polémique à soulever. Une goutte dans l'océan donc, loin du tollé suscité par la nouvelle.

Les équipes de "street medics" infiltrées ?

L'affaire avait surgi début mai lorsqu'un groupe de "street medics" a dénoncé la pratique en la jugeant dangereuse, au même titre que le fait d'usurper leur identité et leurs couleurs. Concrètement, les "streets medics" se revendiquent comme bénévoles qui vont apporter de leur temps durant les manifestations pour prodiguer les premiers soins sur le terrain en cas de blessures de participants. D'après leurs témoignages, certaines personnes, revêtant leur équipement, se sont adonnées à des prises de sang.

Un fait gravissime qui pourrait bien entacher la réputation d'un corps qui se veut au plus près du terrain pour aider. C'est en tout cas ce que pense le groupe de soignants de la rue "Coordination 1er Secours" dans un communiqué rendu, notant que des personnes complètement étrangères à leur organisation se sont permis de recourir à de tels gestes médicaux à même la rue. Il conseille aux gens de ne plus accepter de telles conditions de prélèvements, loin de l'idée d'intoxication au cyanure qui ne cesse de circuler sur la Toile.

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