Il est attendu depuis la conférence de presse donnée par Emmanuel Macron en sortie du Grand débat national. L'acte II du quinquennat devrait finalement prendre ses quartiers avec le discours de politique générale qu'Edouard Philippe prononcera face aux parlementaires ce mercredi 12 juin. Le Premier ministre y défendra la vision portée par le chef de l'Etat, avant de détailler la manière dont l'action gouvernementale sera déclinée pour y répondre : Autant dire que la séquence sera passée au crible par les spécialistes.

A noter que d'ordinaire, le moment est censé être la marque déposée qui donne le ton de la conduite d'un nouveau gouvernement. Mais pour le coup, il symbolisera un nouveau départ pour le gouvernement deux ans après une entrée en service en fanfare. C'est en tout cas ce qu'on espère au sein de l'exécutif et de la majorité présidentielle, après sept mois d'une éprouvante crise des Gilets jaunes dont la France semble enfin voir le bout. Pour sûr, le locataire de Matignon fera, durant le moment l'objet de toutes les attentions.

Philippe de retour en selle

Le 25 avril dernier, Emmanuel Macron avait en effet donné à Edouard Philippe les clés pour opérer de la manière la plus équilibrée possible dans les chantiers à venir. Et si celui-ci se voit replacer au centre du jeu, son retour en semelle se fait dans une phase qui s'annonce délicate pour l'exécutif. Entre l'impératif de poursuivre des réformes souvent explosives et la nécessité d'éviter de diviser les Français à défaut de les rassembler, le chef du gouvernement se devra de trouver les mots justes pour tenter de convaincre.

Retraites, assurance-chômage, fiscalité, organisation des services publics, réforme constitutionnelle, environnement, immigration, tous les sujets seront mis sur la table sans tabou. Objectif affiché, répondre le plus largement possible aux préoccupations que se posent les uns et les autres, avec un calendrier assorti à la clé. En perspective, on note déjà que l'année sera chargée pour les députés et les sénateurs, qui pourraient bien se retrouver pris dans un embouteillage législatif de nature à retarder certains dossiers.

L'opposition en embuscade

Du côté de l'opposition, on s'apprête en tout cas à rejeter massivement les projets portés par le Premier ministre. Chez Les Républicains, on entend d'ailleurs voter contre la confiance au chef de la majorité qui semble pourtant bien partie pour s'imposer à nouveau dans le paysage politique lors des prochains mois. Même empêtré dans la crise avec des départs successifs depuis deux semaines, le parti historique de la droite souhaite marquer sa ferme volonté de se poser en alternative au président de la République.

Même tonalité du côté du Rassemblement national et de La France insoumise où on estime qu'Emmanuel Macron n'a pas su tirer les leçons des semaines de troubles qui ont agité l'Hexagone. Pour le reste, la déclaration d'Edouard Philippe devrait prendre cours dès 15h, et sera suivie par l'intervention de chaque groupe politique. Le chef du gouvernement aura alors un droit de réponse, avant le vote de confiance qui doit le conforter à son poste.

Il s'agira alors du 27e discours de politique générale sous la Ve République.

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