La roue du destin semble avoir pris un coup d'accélération du côté des Républicains ces derniers jours. Le parti est plus que jamais dans la tourmente deux semaines après la débâcle des européennes qui l'a vu pointer à la 4e position le 26 mai dernier, avec tout juste 8,48% des voix exprimées. Dans le fond, il semble que le départ de Laurent Wauquiez, une semaine après le scrutin, n'est pas vraiment parvenu à calmer la grogne d'une partie des ténors de la droite soucieux de préparer un avenir à leur famille politique.

C'est le cas notamment de Valérie Pécresse qui annonçait mercredi dernier sa prise de distance avec un parti dont elle avoue qu'il est désormais trop "cadenassé" pour réussir à véritablement le faire évoluer de l'intérieur. La présidente de région Ile-de-France milite à présent pour un travail en externe afin d'élargir l'horizon de la droite. Mais, face à elle, d'autres figures LR telles que Florence Berthout ou Geoffroy Boulard ont, elles, fait le choix de se ranger dans le sillage de l'action du gouvernement d'Edouard Philippe.

Pour certains, un rapprochement assumé avec les Marcheurs

Il faut donc croire que, malgré quelques jours d'accalmie apparente, le flot de départs des rangs des Républicains semble bien appelé à prendre du volume dans les prochaines semaines. L'hémorragie apparaît d'autant plus inévitable que du côté de la droite parisienne, on affiche, à bien des égards, une proximité certaine avec la politique d'Emmanuel Macron. De nombreux élus notent clairement leur tentation pour l'offre de projet commun de la majorité, qu'il s'agisse des Marcheurs ou des Constructifs d'Agir.

La présidente du groupe LRI au Conseil de Paris Florence Berthout l'a ainsi assumé cette semaine en annonçant son départ des Républicains au micro de BFMTV. Elle reconnaît épouser une bonne partie des thématiques portées par l'exécutif, et entend désormais travailler avec. Même topo pour le maire du 17e arrondissement de la capitale Geoffroy Boulard ou encore pour la maire du 9e arrondissement Delphine Bürkli. Démissionnaire du parti, cette dernière a d'ailleurs affiché un soutien appuyé au Premier ministre.

Pour d'autres, une volonté d'exister en dehors des Républicains

Dans un entretien au Parisien visant à expliquer les raisons de son départ du parti historique de la droite, l'édile parisienne ne tarit pas d'éloges envers son ancien camarade. Elle voit assez nettement chez l'ancien maire du Havre l'incarnation d'une droite moderne qui sait à la fois défendre une vision sociale, pro-européenne, mais aussi écologique pour la France. Une qualité qu'elle assure ne pas encore retrouver chez Valérie Pécresse qu'elle estime déjà plongée dans la bataille pour l'élection présidentielle de 2022.

Sur le plateau du "Grand Jury" dimanche, la présidente de région a en effet tenu à se poser en alternative crédible à Emmanuel Macron, en proposant un rassemblement des forces de droite en dehors des chantiers de reconstruction des Républicains. Elle souscrit ainsi à la proposition du président du Sénat Gérard Larcher, mais note toutefois sa volonté de rester bien à distance de la recomposition opérée le chef de l'Etat vers le centre. Autant dire qu'en ces jours troubles, Les Républicains sont à l'heure de faire des choix.

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