Deux semaines après sa démission surprise du gouvernement, François de Rugy n'en démord vis-à-vis de la presse et des attaques dont il a été victime. "Vengeance", "lynchage médiatique", l'ancien ministre de la Transition écologique avait des mots très durs pour qualifier la séquence qui a coupé court à son passage au sein de l'exécutif. Invité dans la soirée de lundi sur le plateau de BFM-TV, il a une nouvelle fois tenté de livrer sa version des faits sur l'affaire qui a bien failli plomber un nouvel été du président de la République Emmanuel Macron.

Il faut dire que quand il faisait l'annonce de son départ du gouvernement le 16 juillet dernier, la situation était devenue, à proprement parler, intenable pour le Monsieur propre de la macronie. Chaque jour voyait sortir, à répétition, un papier pour dénoncer l'attitude de celui qui était à l'époque des faits président de l'Assemblée nationale. En cause, des dîners présumés fastueux à l’hôtel de Lassay qui n'ont pas manqué de choquer l’opinion, et pour lesquels l'homme assure connaître la personne qui a mis Mediapart sur le chantier de l'affaire.

Une banale histoire de vengeance

Aucun doute pour François de Rugy, "Nous savons très bien qui c’est, bien sûr", qui a évoqué d'entrée de jeu face à la journaliste de BFM-TV, Apolline de Malherbe, "une vengeance personnelle". Une histoire bien commune donc, comme on en connaît beaucoup en politique, laquelle aurait été dirigée contre l'ancien écologiste et son épouse Séverine Servat. Au départ de l'info, on retrouverait donc une journaliste, qui serait à la base une "relation" de son épouse, qui est elle-même journaliste et qui lui avait confié les photos du dîner privé de la Saint-Valentin.

D'ailleurs, celui qui était alors le quatrième personnage de l’Etat témoigne que, pour ce dîner, il se sera retrouvé à se voir proposer qu'il soit organisé au salon plutôt que dans la salle à manger habituelle. Un moment qui chevauchait comme il est de coutume dans le métier de parlementaires deux séances de travail dans l'hémicycle. Balayant les allusions à un rythme de vie indécent, il a notamment assuré être celui qui a réduit de 13% les frais de réception et de 35% les frais de déplacement des députés sous un mandat qui a tout juste duré un an.

En pleine "folie médiatique"

Hors de question donc de se laisser faire pour "quelques pétales de rose" ou encore "quatre bougies sur un chancelier", même si cela donne une image-choc. Car il l'assure, les photos dérobées et remises à Mediapart avaient pour seul objectif de choquer et révolter l'opinion, tel que le laisse entrevoir le "lynchage médiatique inadmissible" qu'il dit depuis subir. Pour lui qui se dit "blanchi" par les conclusions des rapports rendus par l'Assemblée et le gouvernement, le poids de la folie médiatique qui s'est emparée des réseaux sociaux est derrière.

L'ancien ministre en a d'ailleurs appelé lundi à un ultime retour à la réalité des faits qui a, selon lui, fait retomber l'emballement des médias. Il estime avoir fait son devoir en se sacrifiant pour l'intérêt du chef de l'Etat, mais aussi pour le gouvernement et la majorité présidentielle dans son ensemble, alors que les députés sont clairement apparus décrédibilisés par ce nouveau scandale. Pas de regrets donc, mais la volonté de toujours mettre en avant son sens aigu du service, en se montrant disponible pour occuper toute fonction qui sera jugée utile.

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