François de Rugy était ce mardi l'invité du 20H de France 2, où il a longuement évoqué la tumultueuse affaire dont l'a accablé ces derniers jours Mediapart. Amené à quitter dans l'urgence ses fonctions, l'ancien ministre de la Transition écologique bénéficie désormais des conclusions quelque peu favorables des rapports fournis par l'Assemblée nationale et le secrétariat du gouvernement. Se posant en homme blanchi, il pointe du doigt avec sévérité un acharnement de la plateforme d'Edwy Plenel, dont il note sans détour que le but était de le démolir.

Il faut dire que dans cette séquence partie pour être le feuilleton de l'été à la manière de l'affaire Benalla, les choses se seront très vite emballées autour de lui. Avant même que les enquêtes diligentées par l'exécutif n'aient pu apporter une lecture apaisée de la situation, l'élu de Loire-Atlantique était contraint de céder son fauteuil récupéré au départ du gouvernement de Nicolas Hulot. Il entend à présent consacrer l'ensemble de ses efforts à laver son honneur, tout en ouvrant des poursuites judiciaires pour diffamation à l'encontre du média qui l'a mis en lumière.

Tout est resté dans les clous de la loi

Dans le détail des investigations, le secrétaire général de l'Assemblée a noté que les dîners organisés par celui qui était le président de la Chambre basse n'avait rien d'illégal. L'essentiel d'entre-eux avaient effectivement un caractère professionnel, à l'exception toutefois de trois dîners qui ont été épinglés par le contrôle interne de l'institution. Organisés à l'hôtel de Lassay entre 2017 et 2018, ceux-ci pourraient encore donner un peu de grain à moudre aux chaînes d'information en continu à l'affût du moindre rebondissement sur le dossier.

Il s'agit notamment d'un dîner de la Saint-Valentin, pour lequel Mediapart a publié une photo de l'ancien ministre d'Etat tout sourire, assis à une table décorée de pétales de roses rouges. Il y a aussi le traditionnel souper du Réveillon organisé pour l'année 2017, ainsi qu'un troisième repas pour lequel les circonstances n'ont pas été données. Le rapport pointe ainsi que c'est le niveau clairement "excessif" des prestations sollicitées et le "caractère familial" ou "amical" qui posent question, sans qu'une irrégularité ne soit constatée.

Les trois dîners bientôt remboursés

De son côté, l'entourage de l'ancien d'Europe Ecologie Les Verts a déjà annoncé dans l'après-midi de mardi que ce dernier remboursera dans l'intégralité les trois dîners épinglés par le rapport. Et si la promesse avait été faite avant sa démission du gouvernement, elle a été renouvelée sur le plateau de France 2 par l'ancien patron du palais Bourbon. Celui-ci devra à cet effet se rapprocher au plus vite des services compétents de l'Hémicycle afin que soit évalué avec bonne exactitude la valeur du remboursement attendu par les élus nationaux.

Pour le reste, le rapport de Matignon a établi avec certitude que l'essentiel des travaux effectués par l'ancien ministre dans son appartement de fonction étaient justifiés. Et si la somme de 63 000 euros a pu paraître choquante aux yeux de l'opinion, les services du Premier ministre soutiennent que l'ancienneté des lieux permettait tout à fait d'envisager une remise à neuf du local. Ce sont désormais autant d'éléments que le politicien de 45 ans entend faire valoir pour tenter de démasquer ce qu'il estime être une machine infernale dans laquelle il a été aspiré.

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