Ce lundi 22 juillet, Benjamin Griveaux et Cédric Villani se sont rencontrés à Paris pour discuter des suites à donner à la campagne de la République en Marche pour les municipales de mars 2020. Officiellement investi par le parti présidentiel depuis bientôt deux semaines, l'ancien porte-parole du gouvernement joue à fond la carte du rassemblement pour obtenir le plein soutien de son propre camp. Une démarche qui pourrait bien au final réussir à calmer les fortes velléités de dissidence murmurées dans la presse depuis quelques jours maintenant.

Il faut dire que comme d'autres, le député mathématicien s'est jusqu'à présent publiquement refusé à apporter un soutien net à l'investiture de son ancien rival. Entre revanche et besoin d'y voir clair, celui-ci laisse planer le doute sur la perspective d'une candidature à la marge. Et cela, malgré les mises en garde répétées des membres de la Commission nationale d'investiture de la République en Marche qui estimaient que la situation pourrait à la longue déboucher sur des mesures disciplinaires sévères en conformité avec les textes du parti.

Une ambiance plus apaisée

Bien sûr, pour ne pas afficher une posture trop fermée, un proche de Cédric Villani a fait valoir qu'à l'invitation lancée par l'ancien secrétaire d'Etat, celui-ci a fait le choix marquant de répondre avec courtoisie. C'est donc sous le sceau de la politesse que les deux hommes ont pu partager un verre, mais aussi quelques mots en ce début de semaine décisif. De quoi permettre à l'entourage de Benjamin Griveaux de mettre en avant, auprès de certains journalistes, que le couvert de la réconciliation et du rassemblement est bel et bien en marche.

Pour l'essentiel, on argue en effet que l'échange s'est déroulé dans une atmosphère cordiale, loin des propos devenus polémiques de l'ancien lieutenant d'Emmanuel Macron. Il faut donc croire que le flot d'excuses affichées la semaine dernière par ce dernier à ses camarades du palais Bourbon trouvent peu à peu un écho favorable. Pour mémoire, il s'était fendu d'une remarque assez amère vis-à-vis de Villani, estimant qu'il n'avait pas le tempérament pour encaisser la violence d'une campagne comme celle que la capitale connaîtra d'ici quelques mois.

Réconciliation en vue

A noter qu'après avoir reçu l'onction des Marcheurs, le politicien de 41 ans avait déjà tenu à relativiser et même à justifier l'absence de ralliement immédiat de son adversaire. "Homme de cœur", "homme d'honneur", il assure ne pas douter de sa capacité à trouver avec l'élu de l'Essonne les voies du rassemblement, là où les médias continuent de voir un risque de division. Bien sûr, il compte en même temps pour beaucoup sur le sens de l'éthique et l'engagement sans faille de son ancien rival dans le mouvement présidentiel depuis deux ans.

Pour le reste, la discussion entre Benjamin Griveaux et Cédric Villani aura essentiellement porté sur des questions de fond déjà soulevées avec force par le mathématicien durant la pré-campagne. Démocratie et transition écologique étaient ainsi au menu des échanges, très loin des habituels sujets de postes, dont on se défend d'un côté comme de l'autre de l'envisager comme un juge de paix. Autant dire que le jeune projet macroniste pour Paris pourrait être appelé à s'étoffer davantage dans toutes les prochaines semaines pour mieux fleurir.

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