Après trois jours d'intenses négociations, les vingt-huit chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE sont parvenus mardi à trouver un accord sur le casting de l'équipe qui sera en charge des affaires pour les cinq prochaines années. Et à la surprise générale, ce sont deux femmes qui occuperont les plus importantes fonctions de l'institution. Proche de la Chancelière Angela Merkel, c'est la ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen qui hérite du poste de présidente de la Commission, tandis que Christine Lagarde fonce à la BCE.

Il faut dire qu'au soir des résultats des élections européennes de mai dernier, peu nombreux sont ceux qui avaient imaginé Emmanuel Macron en potentiel vainqueur du scrutin. La liste présidentielle avait fini en 2e position tout juste derrière celle du RN et ses nouveaux députés européens se feront éclabousser quelques jours après leur arrivée à Strasbourg par une sortie non maîtrisée de Mme Loiseau. Mais au final, le président de la République semble avoir su tirer son épingle du jeu des négociations tenues ces derniers jours au Conseil européen.

Un passage en force

Et tant pis si du côté de l'opposition française, les réactions sont venues nombreuses pour tirer à boulets rouges sur un deal qui mettrait une nouvelle fois l'Allemagne en avant. Le chef de l'Etat a tout de même réussi son pari, lui, qui a toujours combattu le principe des Spitzenkandidats qui donnait au PPE, vainqueur de l'élection, la préséance de la candidature pour la présidence de la Commission européenne. En restant ferme sur ses positions, Emmanuel Macron a ainsi pu évincer le profil du champion allemand de la droite européenne Manfred Weber.

Bien sûr, afin de ne pas donner d'arguments à ses détracteurs qui l'accusent de pilonner sans cesse le tandem franco-allemand, c'est en Allemagne que le locataire est parti trouver un plan B. Actant qu'il ne pourrait pas faire accepter le Français Michel Barnier ou encore le Néerlandais du groupe socio-démocrate Frans Timmermans, Emmanuel Macron a proposé à Angela Merkel dans la soirée de lundi le nom d'Ursula von der Leyen. Celle-ci recevra moins de 24 heures plus tard l'onction de l'ensemble des dirigeants réunis en Conseil extraordinaire.

Un couple franco-allemand plus affirmé

Le coup de force du président de la République, c'est aussi d'avoir réussi à sortir de son chapeau une figure politique très respectée que personne n'attendait pourtant à ce moment de l'histoire. Et ce n'est autre que la Française Christine Lagarde qui quitte ses fonctions de directrice générale du Fonds monétaire international pour prendre la tête de la Banque Centrale européenne. Il assure dans le même temps un retour au premier plan de l'Hexagone et la parité dans la nomination des quatre postes qui entrent sous le giron du Conseil européen.

Pour finir, après avoir été obligé de renoncer à la présidence du nouveau groupe central imposé à Strasbourg, Emmanuel Macron avait à coeur de voir sa sensibilité représentée dans un poste clé pour illustrer sa montée en puissance. Ce sera le premier ministre belge Charles Michel, grand partenaire du chef de l'Etat, qui l'incarnera en devenant le président du Conseil européen. Pour le reste, la direction de la Diplomatie européenne sera aux mains de Josep Borell, proche du premier ministre espagnol Pedro Sanchez, dont il entend se rapprocher.

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