Depuis l'annonce de son très surprenant score à l'issue des élections européennes du 26 mai dernier, Europe Ecologie Les Verts se sent pousser des ailes sur la scène politique. Forte de sa troisième position avec 13,5% des voix exprimées, sa tête de liste Yannick Jadot se voit même s'imposer comme une alternance crédible au Rassemblement national face au président de la République Emmanuel Macron.

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Une certitude que ne semble pas véritablement partager là gauche où on s'étonne de cette assurance grandissante.

Il faut dire qu'entre son discours triomphal au soir des résultats et un entretien poignant au quotidien Le Monde il y a trois semaines, l'écologiste s'est rapidement laissé à imaginer sa formation politique en train de conquérir et d'exercer le pouvoir. Tout juste une semaine de réflexion et ce dernier mettait déjà sur la table les enjeux électoraux de la prochaine présidentielle qui se tiendra en 2022. Il plaçait alors les écolos comme la seule force politique en capacité de faire barrage à la progression de l'extrême-droite.

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"Jadot a le melon"

Désormais, l'expression peut paraître un peu triviale, mais elle a commencé à durement s'installer dans le paysage politique où l'on dit d'un air accablé et parfois grinçant : "Jadot a le melon". En témoignent d'ailleurs la confiance et les ambitions qui transpiraient de son discours devant des militants et élus écologistes au conseil fédéral du parti qui s'est tenu le samedi 22 juin.

Aucun doute, Les Verts sont regonflés à bloc, avec la perspective que les enjeux écologiques se sont clairement glissés dans l'opinion.

D'ailleurs pour son jeu d'alliances, le mouvement s'imagine déjà en point de polarisation des votes des Français qui se sentent pousser une âme écologiste. Ce nouveau pôle de rassemblement, Yannick entend le poser dans l’affirmation des valeurs qu'il défend autour de la justice sociale, de la solidarité, de l'égalité des droits et des libertés.

Il va donc sans dire que pour lui, il n'est plus question de se voir diluer dans une alliance qui pourrait bien le voir s'éteindre à terme comme cela a été le cas auparavant avec le Parti socialiste.

Une "euphorie déplacée" selon Olivier Faure

Aucune perspective d'alliance donc avec leurs anciens alliés ou avec les Marcheurs, alors qu'Edouard Philippe avait dévoilé dans son discours de politique générale à l'Assemblée un ambitieux projet écologique.

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Conscient de ses nouvelles forces, EELV souhaite afficher une opposition nette au parti présidentiel. Et le secrétaire national du parti, David Cormand, assume ouvertement d'avoir le melon, car ces 3 millions d'électeurs qui ont fait le choix de leur liste, ils l'ont fait malgré des vents contraires dans les médias.

Mais ce chant de victoire poussé par les écologistes a eu le don d'agacer de plus en plus à gauche où les socialistes comptent parmi ses anciens partenaires.

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Pour le premier secrétaire du PS Olivier Faure, les Verts ne font que 13% et non 35, et ils seraient bien heureux de se rendre compte que l'arrogance née de l'euphorie post-européenne n'est pas vraiment bonne conseillère. Tout comme Ségolène Royal, il met en garde sur l’ego électoral développé par Jadot sur les municipales qui pourrait bien le conduire à sa perte.

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