Depuis quelques jours, la commission nationale d'investiture de La République en Marche pour les municipales de 2020 s'affaire sur le dossier des candidats plus susceptibles de faire progresser le maillage territorial de la majorité. L'occasion pour les soutiens lyonnais de Gérard Collomb de tenter de circonscrire ce qu'ils estiment être une menace non négligeable pour leur champion. En effet, dans l'organe de décision mis sur pied par la direction du parti, on retrouve la présence de Jean-Marie Girier et Dominique Perben.

Les deux hommes ne sont pas étrangers à l'indéboulonnable maire de Lyon. Le premier a d'ailleurs été, par le passé, un de ses plus farouches adversaires politiques, tandis que le second est un ancien fidèle qui roule actuellement en faveur de son concurrent à la désignation, David Kimelfeld. Le risque de voir la situation s'envenimer semble donc bien réel, tout du moins à lire la doléance portée en une lettre jeudi dernier au patron du parti Stanislas Guerini, par des membres de comités locaux LaREM, fervents collombistes.

Un seul mot d'ordre, conserver la "capitale de la macronie"

Autant dire que le parti présidentiel ne saurait se payer le luxe de perdre la capitale auto-proclamée de la macronie. Si Brigitte Macron s'est d'ailleurs fendue d'une visite au patron lyonnais la semaine dernière pour tenter de le caresser dans le sens du poil, il faut dire que la composition de la CNI suscite de l'inquiétude chez une partie de son entourage.

Il s'agirait même, selon eux, d'un choix «partial et injuste», propice aux «conflits d’intérêts», et pour lequel il faudra très vite lever l'ambiguïté au sein de La République en Marche.

L'avis a en tout cas été partagé par dix-huit des 25 adjoints au maire et conseillers délégués de l'exécutif municipal, qui ont adressé le même jeudi une déclaration réclamant une fin de mandat sereine pour le patriarche de la macronie.

Ils ont également tenu à assurer de leur fidélité celui qui règne sans véritable ombrage sur la ville rhodanaise. L'occasion était aussi belle, pour eux, de faire oublier durant un temps le flou entretenu par Gérard Collomb, alors qu'il n’a toujours pas levé le doute sur ses ambitions pour l'Hôtel de ville de Lyon.

Répartition stratégique des rôles

Car il faut noter que pour la première fois en France, les électeurs rhodaniens seront appelés en 2020 à se prononcer durant la même journée sur l'identité du maire et celle du président de métropole qui les conduiront pour 5 ans.

Le dernier se verra alors pourvu des compétences de l’ex communauté urbaine, mais aussi de celles du département, l'amenant à concentrer les pouvoirs stratégiques, au détriment du premier : de quoi comprendre l'intérêt apporté par l'ancien ministre d'Etat à ce tout nouveau poste.

Hors de question donc d'être cantonné au simple rôle de maire, tandis que l'espace de décision de la métropole restera aux mains de Kimelfeld, bien aidé par le soutien de l'ancien chef de cabinet de Gérard Collomb, Jean-Marie Girier.

Celui-ci pourrait même assez vite devenir l'ennemi numéro un de la collombie. Et cela même si pour anticiper une quelconque contestation, les membres de la CNI ont l'obligation de ne pas participer aux délibérations sur les candidats d'une ville ou une agglomération où ils ont exercé.

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